Le 28 mars 2012. Marine Le Pen, candidate du Front National à la présidentielle, en interview pour 20 Minutes dans son QG de campagne, à Paris.
Le 28 mars 2012. Marine Le Pen, candidate du Front National à la présidentielle, en interview pour 20 Minutes dans son QG de campagne, à Paris. - V. WARTNER / 20 MINUTES

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud et Alexandre Sulzer

Les attentats à Toulouse et Montauban ont-ils relancé votre campagne?

Je ne sais pas. Cela ne m’intéresse pas. Ce que je voudrais, c’est que cette terrible affaire serve à répondre aux Français sur l’immigration et l’insécurité. Les autres candidats cherchent à minimiser le problème de la montée du fondamentalisme islamiste.

Vous liez terrorisme et délinquance. Vous ne craignez pas l’amalgame?

Je ne fais pas d’amalgame. J’appelle nos compatriotes musulmans à se tourner vers moi car je suis la seule à pouvoir les affranchir de la pression du fondamentalisme et de la criminalité, qui sont liés. Dans l’affaire Merah, la criminalité a servi au financement du fondamentalisme. Par ailleurs, on voit que n’importe qui peut obtenir des visas pour la France. Régulièrement, l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) invite des prêcheurs qui appellent au meurtre des juifs [référence à Youssef al Qardaoui, invité au congrès de l’UOIF].

Faut-il interdire l’UOIF?

Il faut en tous les cas faire une enquête de manière sérieuse et vérifier la nature des financements.

Des lois sanctionnent déjà l’incitation à la haine raciale. Elles sont pourtant qualifiées par le Front national de liberticides…

L’incitation à la haine, ce n’est pas la même chose que l’incitation au meurtre. Ce qui m’ennuie, c’est que l’incitation à la haine est un concept trop vague. J’ai vu des gens poursuivis pour avoir critiqué l’immigration. Dans ces cas là, on peut considérer que tout est incitation à la haine.

Pensez-vous que l’islam prédispose au fondamentalisme?

Je sais que certains le croient. Mais je ne veux pas le croire. Il peut exister un islam qui se soumette à la laïcité.

Dénoncez-vous aussi le fondamentalisme chrétien?

Dites-moi quand le fondamentalisme chrétien a tué quelqu’un dernièrement? Je lutte contre les choses qui existent, pas contre des choses qui n’existent pas.

Vous dénoncez le terrorisme. Pourtant, le vice-président du FN Louis Aliot a rendu hommage au capitaine Sergent qui dirigeait une branche de l’OAS…

Vous êtes en train de comparer des choses qui ne sont pas comparables, parce qu’on a eu une guerre civile en France dans laquelle il y a eu des combattants et des attentats des deux côtés. Il est sûr que des actes qui se commettent pendant un conflit ne peuvent être analysés de la même manière qu’en situation de paix. Par ailleurs, le capitaine Sergent a été élu de la République.

Vous voulez interdire les signes religieux dans les services publics, notamment les trains…

Oui je veux faire respecter par les usagers la règle qui touche les agents des services publics. Mais pas que dans les trains, cela concernera aussi les sorties scolaires…

Ca signifie que les nonnes voilées ne peuvent plus prendre le train?

C’est assez dramatique de voir que vous ne savez pas que la laïcité à la française fait qu’on n’a jamais demandé à des religieux de s’habiller autrement qu’en religieux.

Vous proposez des référendums sur l’euro et la peine de mort. Vous en ferez combien exactement?

Autant qu’il est nécessaire. Le premier que je proposerai concernera la réforme de la Constitution: intégration dans la Constitution du fait que «la République ne reconnaît aucune communauté», la priorité nationale, la réforme des modes de scrutin…

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