Corinne Lepage, candidate Cap21 à la présidentielle, le 20 février 2012 à Paris.
Corinne Lepage, candidate Cap21 à la présidentielle, le 20 février 2012 à Paris. - J. Brinon/AP Photo

Chantal Féminier

L’ex-candidate CAP 21 à l’élection présidentielle dénonçait le 14 mars dernier le «blocage» opéré, selon elle par EELV, pour l’empêcher d’obtenir ses 500 signatures. Mercredi, c’est le Conseil constitutionnel qu’elle pointe du doigt. «Celui-ci refuse de me communiquer le nombre de parrainages que j’ai réunis. Vendredi (date limite de réception des signatures), à midi, il m’a donné un chiffre intermédiaire: 418. Dans l’après-midi, Richard Hasselmann (son directeur de campagne) déposait 54 autres signatures et j’ai la preuve que d’autres maires m’ont ensuite apporté encore d’autres parrainages. J’ai donc voulu savoir quel était mon total. On m’a dit: vous l’aurez lundi. Mardi matin, mon directeur de campagne a envoyé deux messages pour obtenir ce chiffre. Sans réponse. Et, hier (Mardi), mon avocat a fait à nouveau une demande auprès du  secrétaire général, qui lui a répondu: Mme Lepage n’aura pas ce chiffre!»

«Qu’est-ce que ça cache?»

Marc Guillaume, secrétaire général du Conseil constitutionnel confirme: «La loi dit ce que l’on doit rendre public: uniquement 500 parrainages par candidat. La décision du Conseil constitutionnel de lundi, qui donne la liste des candidats à l’élection présidentielle, peut faire l’objet d’un recours. Si un candidat pense qu’il est lésé, il a 48 heures pour faire un recours, soit jusqu’à ce mercredi 21 mars à minuit…

Corinne Lepage, qui ne figure donc pas sur la liste des 10 candidats ayant obtenu un minimum de 500 signatures, ne choisira pas cette voie juridique: «Parce que je ne veux pas apparaître comme une mauvaise joueuse et parce que, pour contester le chiffre du Conseil constitutionnel, il faut que je le connaisse! En somme il me prive de la possibilité de faire ce recours. Pour une institution qui prône la transparence, ce serait la moindre des choses que de me dire si je suis à 480 signatures ou si j’en ai eu 502 dont trois invalidées, par exemple. Pourquoi faire de l’opacité? Qu’est-ce que ça cache?»

Le secrétaire général, qui n’a pas souhaité dire si des recours avaient été déposés, a cependant précisé: «Nous ferons le point à minuit et nous statuerons sans délai, comme l’exige la loi…»