Un point de presse inhabituellement très bref, de moins de deux minutes. «Ce jour, la campagne présidentielle est suspendue pour saluer la mémoire des victimes» de l’école juive de Toulouse, a annoncé Benoît Hamon lundi matin lors du son point de presse. Informé du drame, François Hollande a choisi de se rendre immédiatement à Toulouse en hommage aux victimes. Il a donc expédié son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, qu’il recevait à son QG de campagne et qui l’ont hué alors qu’il s’engouffrait dans sa voiture. Il a également annulé sa venue à un salon de l’entreprenariat innovant ce midi à Paris.
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Ce lundi soir, il devait être l’invité spécial du Grand Journal mais il a décidé d’annuler sa présence pour participer à la cérémonie religieuse à la synagogue Nazareth de Paris. Du côté de l’UMP, on moque la décision du socialiste de «suspendre sa campagne» en raison du drame pour sauter dans le premier avion afin de rendre hommage aux victimes. «Il dit qu’il suspend et le premier truc qu’il fait, c’est d’aller à Toulouse. S’il n’était pas candidat, il n’y serait jamais allé.»
Nicolas Sarkozy, lui, a changé ses habits de candidats pour ceux du président de la République. Le candidat-président a fait sauter sa rencontre avec des restaurateurs à Saint-Mandé pour se rendre immédiatement à Toulouse en compagnie de Luc Chatel, de Claude Guéant et de Richard Prasquier, le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). Nicolas Sarkozy n'a pas maintenu sa participation au 19/20 de France 3. Il partipera en revanche à une cérémonie à la synagogue parisienne de Notre-Dame-de-Nazareth à 20h, glisse son entourage à 20 Minutes. Selon plusieurs sources, Nicolas Sarkozy a annulé son déplacement de candidat mardi dans le Loiret. Une information qui ne sera pas officialisée puisque ce déplacement, dont 20 Minutes avait eu écho, n'avait pas été annoncé. François Fillon a, de son côté, annulé un meeting de soutien à Nicolas Sarkozy lundi soir dans le Rhône.
Marine Le Pen, elle aussi, a également décidé de «suspendre» sa campagne ce lundi. Elle n’ira pas au colloque sur le protectionnisme où elle était attendue à 20 heures à Paris. Ni sur le plateau de Mots croisés, où elle devait débattre avec Arnaud Montebourg et Eva Joly. «Suspendre le temps politique aujourd’hui est un signe de compassion et de solidarité. Marine Le Pen propose à France 2 de reporter l’émission», relaie par ailleurs un communiqué du Front national.
France 2 a accedé à la demande frontiste, en annulant l'émission, confirme Julien Bayou, membre de l'équipe de campagne d'Eva Joly. «C'est dommage, on pensait que c'était utile et même très utile de débattre pour décrypter ce climat malsain entretenu par Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy avec le halal notamment», dit-il. Eva Joly ne se rendre pas à Toulouse car «il y a un temps pour l'enquête» et parce qu'il n'y a pas «besoin d'être à Toulouse pour exprimer sa solidarité». La candidate écologiste pourrait toutefois participer à une marche en hommage aux victimes organisée à 20 heures à Paris.
Le drame de Toulouse a également bouleversé la campagne de François Bayrou. Le candidat du MoDem a annulé sa participation au salon du livre et a décidé de retarder son meeting de Grenoble, prévu initialement à 18h30, pour rendre hommage aux victimes du drame de Toulouse lors de la cérémonie œcuménique prévue à Toulouse.
En revanche, les candidats de l’extrême gauche n’ont pas prévu de changer leur campagne. Philippe Poutou, le candidat du NPA, n’a pas prévu de se rendre sur place. «Y aller, ça ne sert à rien. (…)Moi, je retourne au boulot», a-t-il dit à 20 Minutes. «C’est du cirque électoral, ce n’est pas eux qui vont arrêter le meurtrier», a tancé Nathalie Arthaud auprès de 20 Minutes. La candidate de Lutte ouvrière ne compte pas se rendre sur les lieux du drame, car, dit-elle, «instrumentaliser, ce n’est pas mon genre».
Face au drame, et alors que la campagne officielle débute ce mardi, le CSA a décidé de suspendre le décompte du temps de parole lundi et mardi. «En raison des événements tragiques, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de ne pas décompter les temps de parole et les temps d’antenne des candidats à l’élection présidentielle et de leurs soutiens, lorsqu’ils se rapportent à ces événements», explique le CSA dans un communiqué.
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