A Sète, Marine Le Pen à la pêche aux voix

25 contributions
Publié le 16 mars 2012.

FN - La candidate du FN drague dans ses filets les bulletins des marins-pêcheurs, remontés contre Bruxelles et la hausse du prix du carburant...

De notre envoyé spécial à Sète

Une situation sociale tendue sur fond de remontrances contre Bruxelles. Pour son premier déplacement de campagne en tant que candidate assurée d’avoir ses 500 signatures, Marine Le Pen a ciblé jeudi la ville de Sète (Hérault), un bastion ouvrier. Mardi et mercredi, les pêcheurs y ont bloqué le port pour protester contre la hausse du prix du carburant. Ils menacent désormais d’étendre le mouvement à toute la Méditerranée si une rencontre mardi prochain à Paris avec les autorités n’aboutit à rien.

Elle dénonce la «double-peine» des marins-pêcheurs

Se présentant comme «petite-fille de marin-pêcheur», Marine Le Pen a rencontré à huis-clos les représentants de la profession dans les locaux de la Coopérative des pêcheurs. Devant les caméras, elle dénonce leur «double peine»: à savoir les quotas de pêche et la hausse du carburant. «On en parle pour les automobilistes, les routiers mais jamais pour les marins-pêcheurs», dénonce celle qui parle d’une «volonté de faire disparaître la pêche française». «C’est trop facile de se défausser sur Bruxelles», accuse-t-elle les politiques… avant de lancer: «quand un intérêt vital est en cause, on a le droit de ne pas se soumettre au diktat» européen. La candidate du FN, qui se fait l’avocate de ces pêcheurs «qui ne représentent pas une part de marché électoral intéressante» pour les autres candidats, «prend l’engagement» de baisser de plus de 20% la TIPP pour les pêcheurs. Qui l’applaudissent à l’issue de sa prise de parole.

«C’est la seule candidate qui a demandé à nous rencontrer», se félicite Pierre D’Acunto, le président de la Coopérative. Pas question pour autant de lancer un appel à voter pour le FN. Avant cela, «j’aimerais entendre tout le monde», avance-t-il prudemment. «Ce qu’elle a dit m’a satisfait, souligne Raphaël Scannapieco, le président des prud’hommes du port. On est entrain de mourir. On tape aux portes de tous pour savoir si quelqu'un a le médicament.» «A une époque, poursuit-il, on a reçu Georges Marchais. J’avais 20 ans. Ça n’a rien changé.»

«On va mourir»

«Si demain, vous vous noyez, vous ne demanderez pas à la personne à qui vous tendez la main s’il est FN ou non», lance Bernard Perez, un autre pêcheur. «On va mourir», répète-t-il, la voix déchirée, devant les caméras. A ses côtés, Marine Le Pen affiche son plus beau sourire. «C’est le sort de tous les Français qui se jouent à travers de celui des pêcheurs», annonce-t-elle, solennelle. «Si aucune solution n’est trouvée mardi, toute la profession en France sera attentif à ce qu’elle vient de dire», souffle un pêcheur.

A la sortie de la Coopérative, une poignée de sympathisants FN font face à une autre poignée de militants de gauche, des «bolchos», tranche Marine Le Pen. Parmi eux, François Liberti, le dernier de la longue lignée des maires communistes de Sète. «Les gars sont désespérés, l’Europe les assassine, concède-t-il, dépité. C’est certain, y’a un terreau pour le FN.»

Alexandre Sulzer
publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr