Présidentielle: Laurent Fabius se met au service de François Hollande

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Publié le 6 mars 2012.

POLITIQUE - L'ancien Premier ministre va débattre face à Nicolas Sarkozy, mardi soir...

Cette fois-ci, il est pleinement de la bataille. Finies les remarques assassines sur ses camarades («Hollande président, on rêve!» ou le célèbre «Mais qui va garder les enfants?», en 2005, lorsque Royal annonce sa candidature). Mardi soir, il sera même le premier socialiste à débattre avec Nicolas Sarkozy, lors de l’émission «Des paroles et des actes» sur France 2.

>> Un débat à suivre sur 20minutes.fr mardi soir

Un choix largement approuvé par François Hollande. «Il est un très bon débatteur. Il a l’expérience, il connaît tous les rouages de l’Etat, il connaît bien les dossiers. Il a été Premier ministre, ministre des Finances, président de l’Assemblée…», explique le candidat PS qui a déjà envoyé Martine Aubry face à François Fillon et qui redoutait qu’un débat Royal-Sarkozy ne fasse trop penser à 2007. «Il est percutant, a une pensée condensée et incisive qui peut perturber Nicolas Sarkozy qui, lui, s’agite beaucoup», confie Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice et proche politiquement de Fabius.

Fabius au service de Hollande

 Cette décision est surtout le signe que les relations entre les deux hommes ont rarement été aussi cordiales. En 2005, l’ancien favori de Mitterrand et l’héritier de Delors s’étaient déchirés au sujet du référendum européen. Hollande avait vu dans l’appel à voter «Non» de Fabius, une position politicienne et individuelle, en contradiction avec le vote des militants. Depuis la défaite de Martine Aubry aux primaires, le contexte a radicalement changé. «Du jour où j’ai été désigné, Laurent Fabius est venu me voir pour me dire que si je le souhaitais, il se mettrait à mon service, avec ses réseaux, pour travailler. Que le plus important, c’était la victoire», confie François Hollande. La plume de Fabius, Guillaume Bachelay, s’est mise au service de Hollande. Ce dernier, habilement, a confié plusieurs missions à Fabius (la préparation des 100 premiers jours, des voyages à l’étranger…). Les deux hommes s’appellent régulièrement. «Lorsqu’il faut faire front, ils arrivent à se retrouver. Rappelez-vous, en 2002, Hollande l’avait nommé porte-parole au lendemain de la défaite de Jospin», confie Lienemann. Peut-être aussi parce qu' en 2002, comme en 2012, Hollande aime garder ses contempteurs à l’œil.

Ce ralliement sans ambiguïtés de Fabius prouve également que le plus jeune Premier ministre que la France ait connu a encore envie de jouer un rôle politique dans les années à venir. Cette fois-ci, il ne joue pas le coup d’après. «On le voit au Quai d’Orsay mais je suis sûr que lui s’imagine sans peine revenir à Matignon», confie un membre de l’équipe Hollande. Ce qui promet un débat intense face à Sarkozy. «Fabius est un homme à la fois courtois et aiguisé mais Sarkozy le mettra face aux contradictions du PS sur l’Union européenne», conclut Valérie Rosso-Debord, députée UMP.

 

Matthieu Goar avec Maud Pierron
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