Corinne Lepage, candidate Cap21 à la présidentielle, le 20 février 2012 à Paris.
Corinne Lepage, candidate Cap21 à la présidentielle, le 20 février 2012 à Paris. - J. Brinon/AP Photo

Anne-Laëtitia Béraud

«Lorsque le navire a été envoyé dans les récifs par son capitaine, il faut changer de capitaine et de cap. Ensemble, changeons l’un et l’autre». Avec cette métaphore du naufrage du Costa Concordia, appliqué au président-candidat Nicolas Sarkozy, Corinne Lepage veut marquer les esprits ce lundi midi.

La candidate Cap21 à l’élection présidentielle, «écologiste du centre» comme elle se définit elle-même, a présenté à Paris son programme présidentiel, qui suit deux lignes directrices: «la réduction simultanée de toutes les dettes (budgétaires, écologiques, sociales et sanitaires) dans une perspective dynamique de création d’activité, d’emplois et de solidarité» et «le changement profond dans les modes de gouvernance en donnant à chacun le droit et le pouvoir de faire».

Equilibre budgétaire «en verdissant la fiscalité et l’épargne»

Proposant «70 mesures prioritaires», parallèlement à un programme fiscal, financier et budgétaire «permettant de revenir à l’équilibre en verdissant la fiscalité et l’épargne», la candidate a axé son programme sur une alliance entre croissance économique et transition vers une société plus écologique.

L’une des idées phares du programme consiste à réaliser une «troisième révolution industrielle avec le plan «SOLEIL» (SOLution Energie Investissement Long terme)». Ce plan «SOLEIL» liera, selon la candidate, «un Plan et un Fonds destinés à assurer un financement pérenne sur 30 ans de la transition énergétique. Les fonds bloqués sur 30 ans serviront à financer la recherche, la création de filières et la réalisation de la transition énergétique».

Sarkozy fait «une course à l’échalote avec Marine Le Pen»

Concernant l’énergie, la candidate prône notamment l’arrêt des constructions de centrales nucléaires, et propose de sortir de cette énergie d’ici «20 à 25 ans», augmentant parallèlement la part des énergies renouvelables, «soit 25 % dans la consommation en 2020 pour atteindre 34 % dans la consommation finale d'énergie en 2030». Deuxième idée phare du programme présidentiel, le «produire local» avec une «décentralisation énergétique» et la «reprise  agricole», c’est-à-dire rendre des terres à l’agriculture.

Pour financer son programme, la candidate table sur un arsenal de nouvelles recettes : la réduction ou la suppression des niches fiscales et sociales «notées 0» par la Cour des comptes devrait lui rapporter (14,5 milliards d’euros), la réduction des dépenses budgétaires des élus et des institutions (23 milliards), une taxe carbone (9 milliards), une taxe sur les transactions financières (3 milliards) ou  encore la hausse des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu (4 milliards).

«L’écologie a plus besoin d’une avocate que d’une juge»

Egratignant au passage François Bayrou (MoDem), son ancien allié, dont le programme est, selon Corinne Lepage, «daté de 1950», l’avocate a estimé à propos d’Eva Joly, ancienne magistrate, que «l’écologie en France a plus besoin d’une avocate que d’une juge».

Quant à Nicolas Sarkozy, Corinne Lepage juge le bilan  du quinquennat du Président «calamiteux». «Contrairement à ce qu’il dit sur la crise, il n’a pas sauvé l’Europe et la France en 2008. En tant que député européen, j’ai pu m’en rendre compte. Par ailleurs, il a abaissé la fonction présidentielle et affaibli la France. En 1995, les sujets de campagne de Jean-Marie Le Pen étaient l’immigration, la sécurité, l’ordre… ce sont les sujets de Nicolas Sarkozy en 2012! Cette course à l’échalote avec Marine Le Pen pour savoir qui va être le plus à droite, ça me choque», conclut la candidate, qui estime à plus de 400 le nombre de ses parrainages. Il ne lui en manque donc plus qu’une petite centaine pour être présente au premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril prochain.