La mue du Président Sarkozy en candidat à la présidentielle

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Publié le 15 février 2012.

REPORTAGE - A la veille de son annonce officielle, le Président a souhaité montrer son volontarisme en matière d'emploi...

De notre envoyée spéciale à Bourgoin-Jallieu

La transformation du Président en candidat est en cours. A la veille de son annonce officielle de candidature à l’Elysée, mercredi soir sur TF1, Nicolas Sarkozy s’est rendu ce mardi midi à Bourgoin-Jallieu, en Isère, afin d’annoncer le sauvetage politico-industriel de l’entreprise Photowatt, placée en redressement judiciaire en novembre dernier. 

Dès son arrivée en voiture – fenêtre ouverte, salut de la main en direction des salariés et des badauds présents à l’extérieur du site grillagé- le président de la République a endossé les habits du candidat. Souriant, maquillé, prenant la pose pour une photo ou échangeant quelques mots avec des salariés, Nicolas Sarkozy a visité à un rythme bien éloigné des marathons élyséens les ateliers de cette entreprise de cellules photovoltaïques. 

Montrer le volontarisme en matière d’emploi

Accompagné de ses ministres, Xavier Bertrand, Éric Besson et Nathalie Kosciusko-Morizet – dont le nom est évoqué pour être porte-parole du futur candidat- le président de la République a ensuite échangé, en privé, avec quelques salariés. 

Une vingtaine de minutes plus tard, devant un parterre de salariés aux polaires siglées Photowatt, une foule de journalistes et les membres de l’important dispositif de sécurité, Nicolas Sarkozy s’est posé en Zorro de l’emploi. « Votre entreprise est sauvée, si le tribunal l’accepte !», a notamment déclaré le Président, ajoutant: «Mon engagement, c’est de mettre les moyens pour développer Photowatt et son avenir. » 

Droit à la formation pour tous les salariés

En effet, EDF, dont le P.D.G. Henri Proglio était aux côtés de Nicolas Sarkozy, s’est engagé à reprendre 345 salariés et à en reclasser 85 autres dans le bassin d’emploi de Bourgoin-Jallieu. Rien dans le discours, par contre, ne faisait référence au moratoire sur les aides publiques à l’énergie solaire imposé en décembre 2010 par le gouvernement, qui a notamment placé le secteur en difficulté.

Nicolas Sarkozy, qui souhaite montrer son volontarisme en matière d’emploi, a profité de cette tribune pour rappeler la solution trouvée pour les ouvrières de Lejaby, avant de rappeler l’une de ses idées, évoquée dans son interview au Figaro Magazine, sur un référendum concernant le «droit à la formation pour tous les salariés». «L’indemnisation, c’est bien, mais ce n’est pas assez […] S’il le faut, je demanderai au peuple français son avis sur cette question», a-t-il notamment déclaré.

La phrase d’annonce de candidature, tant attendue par les médias et les salariés, n’a pas été prononcée. Les tentatives étaient pourtant nombreuses. A un homme qui lui demande: «Alors candidat ?», Nicolas Sarkozy répond: «trop de micros». A un autre qui lui glisse: «On attend que vous parliez», il rétorque: «C’est moi qui attend que vous parliez». Nicolas Sarkozy réserve sa parole, mais dans l’attitude, le rythme, le discours, pointe le candidat derrière le Président. Réponse au secret de polichinelle ce mercredi soir, à la télévision, pour un grand moment de communication.

Anne-Laëtitia Béraud
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