Claude Guéant à Paris, le 3 février 2012.
Claude Guéant à Paris, le 3 février 2012. - WITT/SIPA

Claude Guéant précise ses propos, mais continue à nourrir la polémique. Alors que les musulmans français ont invité le ministre de l’Intérieur à préciser qu’il ne les visait pas quand il a affirmé que les civilisations ne se valent pas, ce dernier a répondu ce mardi matin que «pour (lui), ce qui est en cause, c’est la religion musulmane».

Interrogé sur Canal +, Claude Guéant a pourtant assuré n’avoir pas voulu pointer du doigt une civilisation en particulier, et a insisté sur le fait que «les musulmans de France représentent la deuxième religion de notre pays.» «Ils sont quatre millions, dont un million de pratiquants et la République protège leur croyance, et favorise la pratique de leur culte», a-t-il martelé.

Après la diffusion de l'interview, le cabinet du ministre a réagi à la formule «ce qui est en cause, c’est la religion musulmane» en estimant que présenter la phrase de façon isolée suscitait «l'ambiguïté». «Il ne faut pas créer de polémique artificielle», a insisté son entourage.

«Nous avons en France des valeurs, nous y tenons»

Sur Canal + ce mardi matin, le ministre a toutefois poursuivi sa démonstration de façon ambiguë. «C’est simplement que nous avons en France des valeurs, que nous y tenons et qu’il y a des civilisations, des systèmes sociaux qui sont des promoteurs de l’égalité entre hommes et femmes, qui sont des protecteurs des libertés, qui favorisent l’épanouissement de la démocratie», a-t-il indiqué, prenant soin de ne donner aucun exemple.

Avant de conclure: «Hé bien, un système comme celui-là, une civilisation comme celle-là n’est pas pareille qu’une civilisation, qu’un système qui bafoue les libertés.»

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La Matinale du 07/02 - Part. 2 La diversité en marche

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Le PS «est gêné pour mener des combats»

Le ministre a par ailleurs souligné avoir surtout voulu dénoncer «le relativisme du Parti socialiste» qui «considère que tout se vaut, et qui, par conséquent, est gêné pour mener des combats qui correspondent pourtant à nos principes républicains.»

Lundi, le président du Conseil français du culte musulman a envoyé une lettre à Claude Guéant, le sommant de «rassurer» les citoyens français de confession musulmane «en (leur) précisant le sens de (ses) propos». Mohammed Moussaoui demandait ainsi au ministre de préciser publiquement «qu’il ne s'agissait pas de la civilisation musulmane comme certaines interprétations médiatiques l'ont clairement laissé entendre». Pas sûr que les déclarations du ministre aient réussi à le tranquilliser.

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