Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front national, à Haute- Goulaine, près de Nantes (Loire-Atlantique), le 22 janvier 2012.
Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front national, à Haute- Goulaine, près de Nantes (Loire-Atlantique), le 22 janvier 2012. - S. SALOM-GOMIS/SIPA

Anne-Laëtitia Béraud

Les Le Pen sont en campagne. Marine Le Pen, présidente du Front national et candidate à l’Elysée, sillonne la France et court les médias pour sa campagne électorale. Elle est «vigoureusement épaulée par Jean-Marie Le Pen», indique Wallerand de Saint-Just, porte-parole de Marine Le Pen pour 2012. A 83 ans, le président d’honneur du FN multiplie depuis le début de l’année les déplacements et les prises de parole publiques.

«Bon pied bon œil», commente Wallerand de Saint-Just, c’est Jean-Marie Le Pen qui, le 7 janvier dernier à Paris, prononce un discours en l’honneur du 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc. Et non Marine Le Pen, qui préfère parler crise économique et sortie de l’euro.

Coordination avec Marine Le Pen

Sur le site du Front national, aux onglets «Agenda» puis «Front», c’est quasiment l’agenda personnel de Jean-Marie Le Pen qui est développé. Après la Vendée et la Loire-Atlantique ce week-end, il se rend le 28 janvier dans les Bouches-du-Rhône, puis le 29 dans le Val d’Oise, pour «des galettes de lancement de la campagne présidentielle».

Lors de «dîners-débats», l’ancien chef profite de son capital sympathie, et peut-être parfois plus du capital nostalgie qu’il incarne. Lors des journées d’été du FN à Nice en septembre 2011, baptisées «Journées d’été de Marine Le Pen», c’est bien Jean-Marie, plus que Marine, qui a été longuement ovationné par la foule.

Agenda géré par l’équipe de campagne

Dans les meetings ou sur les plateaux de télévision, comme ce lundi matin sur Public Sénat-Radio Classique, le président d’honneur se consacre désormais au rôle de VRP de Marine Le Pen… même s’il n’hésite pas à évoquer ses idées, parfois différentes de celles de la ligne officielle du programme de la candidate.

Selon Wallerand de Saint-Just, ce sont «les médias et les fédérations FN qui demandent Jean-Marie Le Pen». Son agenda est «coordonné» par Alain Vizier, responsable presse au FN et de la campagne, «afin qu’il n’y ait pas de doublons».

«Bon client»

Un agenda auquel s’ajoute un blog vidéo hebdomadaire, le «journal de bord», où Jean-Marie livre humeurs et autres analyses de l’actualité… et fait, ici encore, la promotion de sa fille. Dans la dernière livraison, le 20 janvier, il appelait les détenteurs de livret A à faire des prêts pour la campagne de Marine, leur promettant de meilleures rémunérations.

Outre une promotion maison, «Jean-Marie Le Pen apporte plusieurs choses dans cette campagne: une sûreté de jugement, une expérience de 50 ans de vie politique, et une réputation. Pour les médias, c’est bien connu qu’il est un bon client», détaille Wallerand de Saint-Just.

Le responsable frontiste qualifie Jean-Marie Le Pen de «vieux sage», indiquant à Marine Le Pen «les bons réflexes» à adopter dans une campagne. Les deux frontistes se rencontrent d’ailleurs «très régulièrement». Mais, foi de Saint-Just, «il n’y a pas de campagne présidentielle bicéphale», car «c’est l’expression officielle de Marine Le Pen qui compte».