François Hollande durant sa conférence à Pessac, le 4 janvier 2012.
François Hollande durant sa conférence à Pessac, le 4 janvier 2012. - BOB EDME

De notre envoyé spécial en Moselle

Nicolas Sarkozy en avait fait un symbole de son volontarisme. Une fermeture d’aciérie plus tard et des centaines de salariés reclassés ou sur le carreau, ses opposants crient à l’imposture et se ruent à Gandrange. Le 22 décembre, la présidente et candidate du Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin, avait déposé une gerbe devant le site industriel. «Elle n’avait pas eu de chance. Elle était arrivée par surprise et il n’y avait personne à la mairie, ils faisaient leur repas de fin d’année», sourit un habitant.

Mercredi, le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, débarquera en Moselle et, mardi, c’est François Hollande, accompagné par Martine Aubry, qui investit les lieux pour dénoncer la politique industrielle du président de la République. 45 minutes d’entretiens sont prévues avec les différents syndicats. «Il vient échanger avec les salariés et soutenir leur action, détaille Marisol Tourraine, responsable du pôle social du candidat. Malgré elle, la commune de Gandrange est devenue un symbole de l’ère Sarkozy où on a assisté à une forme de mépris des salariés, où on a constaté un échec de la politique de l’emploi et une décrédibilisation de la parole politique.» Le 4 février 2008, Sarkozy avait promis que l’Etat financerait l’aciérie si ArcelorMittal abandonnait. Les 575 salariés ont été reclassés.

Les habitants attendent pour voir

A la mairie, en cette veille de défilé politique, on s’agite, on déplace les meubles, on aménage les lieux pour recevoir l’équipe du candidat. Les syndicats, eux, sont plus circonspects. «Nous n’allons pas seulement l’écouter mais lui faire part de nos revendications, lui poser des questions, par exemple lui demander s’il a la volonté de mener une réelle politique industrielle en France et dans notre région…», explique Jacky Mascelli, délégué CGT.

Après des années de promesses, de plans de «redynamisation», de reclassements, les salariés de la sidérurgie sont prêts à écouter. Plus à croire. «Il faudra plus faire de promesses, les gens d’ici ne seront plus dupes et surtout pas naïfs. Ils savent qu’il n’y a pas de solutions miracles pour sauver la sidérurgie mais qu’il y a des possibilités pour aller de l’avant, que la politique peut encore quelque chose. A condition de mettre énormément de pognon dans l’industrie. C’est le nerf de la guerre», explique un ancien des hauts fourneaux. Ici, dans le berceau de l’acier de Lorraine, on a toujours voté communiste ou socialiste. Aux dernières cantonales, le Front national a récolté 23 % des voix.

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