En quête d'une stature internationale, Marine Le Pen poursuit cette semaine sa campagne présidentielle aux Etats-Unis, mais la seule personnalité politique qui figure à son agenda, le républicain Ron Paul, a fait savoir qu'il ne pourrait pas la rencontrer.
En quête d'une stature internationale, Marine Le Pen poursuit cette semaine sa campagne présidentielle aux Etats-Unis, mais la seule personnalité politique qui figure à son agenda, le républicain Ron Paul, a fait savoir qu'il ne pourrait pas la rencontrer. - Alberto Pizzoli afp.com

© 2011 AFP

En quête d'une stature internationale, Marine Le Pen poursuit cette semaine sa campagne présidentielle aux Etats-Unis, mais la seule personnalité politique qui figure à son agenda, le républicain Ron Paul, a fait savoir qu'il ne pourrait pas la rencontrer.

Avec ce voyage, de mardi à dimanche, la leader du parti d'extrême droite veut montrer son intérêt pour les questions internationales et tordre le cou à la réputation d'un FN ghettoïsé, que les provocations de Jean-Marie Le Pen auraient rendu trop sulfureux pour être fréquentable. En février 1987, quelques mois avant son dérapage sur les chambres à gaz, Jean-Marie Le Pen avait pu être présenté au président Ronald Reagan à Washington, et l'image de la poignée de main figurait en bonne place dans l'album photo édité par le parti en 2001.

«Je ne crois pas que j'aie vraiment besoin d'asseoir ma crédibilité» internationale, assure pour sa part Marine Le Pen, qui en veut pour preuve sa présence en 2011 dans le classement éclectique des 100 personnalités les plus influentes du magazine américain Time.

«Toute puissance» et «impérialisme»

Du coup, une dizaine de jours après s'être affichée à Milan avec Daniela Santanchè, membre du gouvernement italien de Silvio Berlusconi, la candidate à l'Elysée s'est taillée un agenda à la hauteur de ses ambitions, où s'enchaînent les lieux de pouvoir comme le Capitole et le siège du FMI à Washington, puis celui des Nations unies à New York.

Le problème, c'est que dans ce pays dont elle dénonce la «toute puissance» et «l'impérialisme», un seul nom de personnalité politique figurait à l'agenda, en l'occurrence Ron Paul, l'un des candidats à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine de 2012.

Vendredi dernier, la députée européenne se félicitait encore de pouvoir discuter avec cet isolationniste, membre des Tea Party, dont elle dit partager les vues sur le retour d'un étalon-or dans le système monétaire ou sur le principe de non-ingérence internationale. Mais le Texan de 76 ans a fini par faire savoir qu'il ne serait pas à Washington le jour J, c'est-à-dire mercredi.

Au FN, on ne désespérait pas dimanche que la rencontre ait quand même lieu, et on assurait que «des congressmen» de tous bords figurent à l'agenda, sans autre précision. Marine Le Pen promet également un démocrate, «qui ne correspond pas à la pensée majoritaire» de son camp. Son identité restait inconnue lundi. «On fournira les noms le jour-même», a indiqué à l'AFP un conseiller de Marine Le Pen, Ludovic De Danne.

Rendez-vous devant le FMI

A la veille du G20 à Cannes, la présidente du FN aura aussi l'occasion de donner sa position sur la situation économique mondiale, en se rendant «devant» le siège du FMI, qu'elle avait qualifié en mai dernier de «machine infernale au service de l'idéologie ultralibérale» et dont elle avait demandé la suppression.

Le lendemain, à New York, Marine Le Pen veut s'inviter à l'Onu, qu'elle a pu taxer d'«officine mondialiste» ces derniers mois. Au programme, un déjeuner avec des ambassadeurs et diplomates francophones, à huis clos, puis un discours sur la politique internationale dans une salle des Nations unies. Jeudi, la mission française de l'Onu n'était pas officiellement informée d'une telle visite, ce qui «étonne» le FN.

A New York, Marine Le Pen a également prévu de «passer» au square Zuccotti, à Manhattan, où sont installées les tentes du mouvement «Occupy Wall Street», qui dénonce les inégalités et la cupidité des marchés financiers, et de rencontrer la communauté française de la ville.

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La dernière étape se déroulera en Floride, samedi, mais à huis clos.