Marine Le Pen, présidente du Front national, le 6 septembre 2011 à Paris.
Marine Le Pen, présidente du Front national, le 6 septembre 2011 à Paris. - CHAMUSSY/SIPA

Anne-Laëtitia Béraud

Deuxième voyage en Italie pour Marine Le Pen, la présidente du Front national et candidate à la présidentielle. Après l’île de Lampedusa en mars dernier, la frontiste effectue, vendredi et samedi, un nouveau déplacement en Italie pour y rencontrer des personnalités politiques et y présenter la traduction de son livre «A contre-flots».

Le déplacement, vendredi matin, débute à Vérone, en Vénétie, une région du nord de l’Italie, par une conférence de presse avec Massimo Mariotti, «leader régional du mouvement ‘Destra sociale’», indique un communiqué du Front national, mais aussi «d’élus de la ville de Vérone et de la presse régionale».

Le temps fort du déplacement se déroule ce même vendredi en fin d’après-midi, à Milan, avec «un débat ouvert à la presse avec Daniela Santanchè», sous-secrétaire d’Etat du gouvernement de Silvio Berlusconi. Le lendemain matin, samedi, Marine Le Pen se rend à Rome, la capitale italienne, pour y présenter la traduction de son livre.

Racines au sein du mouvement néofasciste italien

Les déplacements de Marine Le Pen n’ont pas été choisis au hasard. Tout d’abord Vérone, dirigée par le maire Flavio Tosi, qui fait partie de la Ligue du Nord, un parti allié à Berlusconi, régionaliste, anti-immigrés et anti-islam. Un maire qui s’est d’ailleurs fait traiter il y a quelques jours de «connard» par le leader de son parti, Umberto Bossi, «pour y avoir apporté un tas de fascistes». Si la ville est mondialement connue pour le balcon de Roméo et Juliette, elle s’est aussi manifestée par le racisme qui y a régné dans le sport roi, le football.

Si Marine Le Pen ne doit pas voir le maire lui-même, elle doit être accueillie par Massimo Mariotti, du mouvement italien Droite sociale. Ce petit parti, dirigé par le maire de Rome, est un allié de Silvio Berlusconi. La Droite sociale a, historiquement, le curseur très à droite de la droite italienne. Elle a fait successivement partie du mouvement fasciste italien MSI, puis du parti de l’Alliance nationale, avant de choisir une normalisation et de s’allier à Silvio Berlusconi au gouvernement.

Droite dure et décomplexée italienne

Quant à Daniela Santanchè, ses racines politiques pointent également vers l’extrême droite italienne, au sein des partis Alliance nationale puis la Droite sociale, dont elle a été porte-parole en 2007-2008. Cette femme d’affaires s’est notamment illustrée par des prises de position radicales contre l’islam. Lors de la fête de rupture du jeûne du ramadan en septembre 2009 à Milan, elle avait tenté d’arracher le voile à plusieurs musulmanes, avant de déclarer, un mois plus tard, que Mahomet était «un pédophile».

En effectuant ce voyage en Italie et en y rencontrant ces personnalités, installées dans le paysage politique italien aux côtés de Silvio Berlusconi, Marine Le Pen y vient gagner une crédibilité et une stature européenne. La frontiste va également à la rencontre d’une droite européenne dure et décomplexée sur les sujets de l’immigration et de la sécurité.