Le Premier ministre, François Fillon, le 24 août 2011 à Paris.
Le Premier ministre, François Fillon, le 24 août 2011 à Paris. - B.TESSIER / REUTERS

Au lendemain des déclarations de Jean-Pierre Raffarin qui estimait mardi soir que la primaire socialiste était «un succès», c'est François Fillon qui a, à son tour, plébiscité mercredi le processus de désignation du candidat socialiste pour l'après 2012. Le Premier ministre a par ailleurs noté que l'UMP y avait déjà eu recours aux municipales à Paris, là même où lui sont prêtées des ambitions après Matignon.

«Je pense que c'est un processus moderne qui convient à droite comme à gauche, pour toutes les grandes élections», a déclaré le chef du gouvernement, interrogé sur la primaire socialiste lors d'une conférence de presse commune avec son homologue québécois Jean Charest. Qualifiant cette primaire d'«événement politique majeur qui concerne l'avenir de notre pays», François Fillon a toutefois précisé vouloir «attendre la fin de ce processus pour porter un jugement sur la façon dont il a fonctionné».

Pas de primaire pour un président sortant

Le chef du gouvernement, parfois présenté comme un possible recours pour 2012 face à l'impopularité persistante du chef de l'Etat, a en outre soulevé une exception à sa prise de position, expliquant qu'il n'y avait «pas de primaire pour le président de la République lorsque celui-ci se représente».

«C'est un processus que nous avons nous mêmes dans les statuts de l'UMP pour la désignation de candidats aux futures grandes élections, à condition évidemment de ne pas avoir comme c'est le cas aujourd'hui un président de la République sortant», a-t-il fait valoir. Pour le reste, «il est naturel qu'il y ait un processus démocratique de choix des candidats (...). C'est un processus auquel pour ma part j'adhère et qui, encore une fois, fait partie des statuts de l'UMP», a-t-il répété.

Des primaires ouvertes pour les municipales à Paris?

Alors qu'on prête au Premier ministre la volonté de se présenter aux législatives à Paris en 2012 puis aux municipales de 2014, François Fillon a souligné qu'organiser des primaires ne constituerait «pas une nouveauté puisqu'à plusieurs reprises on a déjà employé ce processus», citant «les dernières élections municipales à Paris», en 2008. Comme on lui demandait si cela pouvait prendre la forme de «primaires ouvertes», François Fillon a déclaré qu'on pouvait «toujours discuter de la version élargie. (...) Tout ça mérite d'être ajusté».

Interrogé plus tôt dans la journée sur la proposition du député UMP de Paris Bernard Debré d'organiser des telles primaires pour les municipales à Paris, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé avait répondu: «Peut-être, pourquoi pas? On verra. Je ne peux pas préjuger de ce que sera la décision à ce moment-là. Mais déjà, dans l'immédiat, mettons en ordre de bataille nos troupes», avait-il affirmé.

Copé et Fillon «main dans la main» pour l'horizon 2017

Quant à la présidentielle 2017, il avait répondu également d'un «pourquoi pas». «Mais ce n'est pas un sujet d'actualité immédiate», avait-il ajouté. François Fillon et Jean-François Copé, qui peuvent tous deux briguer le leadership à droite après Nicolas Sarkozy, ont convenu de «travailler la main dans la main» à Paris, après la déroute des sénatoriales, selon les mots du député-maire de Meaux reçu lundi à Matignon. Dans la foulée de cet échec cinglant - la liste emmenée par Chantal Jouanno, proche du Premier ministre, n'obtenant que deux sièges - Jean-François Copé avait été accusé de jouer contre une implantation de François Fillon dans la capitale.

Mots-clés :