Jean-Louis Borloo en déplacement à Cholet, le 23 juin 2011.
Jean-Louis Borloo en déplacement à Cholet, le 23 juin 2011. - F. PERRY / AFP

Alexandre Sulzer

Balle au centre. Lundi, le landerneau politique était agité par une seule question: à qui va profiter le retrait de la candidature de Jean-Louis Borloo à la présidentielle? Les avis divergent alors que les proches du président du parti radical, déconfis, se refusent tous à prêter allégeance dans la précipitation à l’un des candidats potentiels, notamment à Hervé Morin, le dirigeant du Nouveau Centre (NC). Lequel, pourtant, s’est précipité dimanche soir sur son compte Twitter pour écrire que sa «détermination n’a jamais été aussi forte». «La loi de la gravité devrait ramener les électeurs de Jean-Louis Borloo vers Nicolas Sarkozy, analyse Jérôme Sainte-Marie, directeur du département politique de CSA. Le taux d’indécision de l’électorat de Borloo était le plus élevé de tous les candidats. Il s’agit d’électeurs de centre-droit plus dans la critique envers le Président sortant que dans l’opposition frontale.»

Archi-faux, selon Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA selon lequel Nicolas Sarkozy vient de se priver d’une «possibilité de récupérer des voix au second tour». Se basant sur un sondage de mai qui testait plusieurs hypothèses de candidatures, il estime que c’est François Bayrou qui récupère le gros des voix, avant le PS et le FN! «La grande gagnante, c’est Marine Le Pen, tranche Dominique Paillé, un proche déçu de Borloo. Le retrait de Jean-Louis donne une impression de petits arrangements entre amis qui lui est très favorable.» «Leur structure d’électorat n’a rien à voir, contredit Adelaïde Zulfikarpasic, directrice du département Opinions de LH2. Comme la base électorale de Borloo est très hétérogène, les cartes vont être rebattues entre ceux qui reviendront dans le giron sarkozyste, les centristes qui iront vers Bayrou et d’autres qui pourraient être tentés par un vote Hollande - dans l’hypothèse où il serait candidat - qui a une image rassembleuse.» «Il est clair que cela va se répartir entre plusieurs sensibilités», concède Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l’UMP. Selon lui, l’Etat-major UMP aurait acté lundi le fait d’intégrer une partie des propositions centristes dans le projet. «Il faut donner des signes aux centristes», renchérit Fabienne Keller, déléguée générale adjointe de l’UMP, en charge du programme. Au MoDem, à l’inverse, on ne veut pas «avoir l’air d’instrumentaliser les choses» et on regarde la situation avec sérénité. «Il n’y aura pas de transfusion directe des intentions de vote. Mais au prochain sondage, on aura un score à deux chiffres...»