Convention sur la justice sociale: L'UMP tente de rattraper son «retard» à sa manière

POLITIQUE Malgré les tensions provoquées par la polémique sur le RSA, le parti de la majorité présidentielle est toujours suivi par l'opinion lorsqu'il met en avant la responsabilité individuelle face au travail...

Corentin Chauvel avec Reuters

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Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'exprime durant une réunion publique, le 7 juin 2011 à Marcq-en-Baroeul (Nord).

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'exprime durant une réunion publique, le 7 juin 2011 à Marcq-en-Baroeul (Nord). — P.HUGUEN / AFP

L'UMP, chantre de l'équilibre entre «les droits et les devoirs» en matière de protection sociale? C’est en tout cas avec cette idée en tête que le parti de la majorité présidentielle débat ce mercredi, à l’occasion d'une convention thématique, de 41 propositions dans cet esprit.

Après la récente polémique sur le RSA, remis en cause par Laurent Wauquiez, l'UMP tente de répondre à ceux de ses adhérents et dirigeants désireux comme le ministre des Affaires européennes de remettre en cause «l'assistanat», sans froisser sa frange la plus sociale.

Mais il s’agit aussi pour le parti de la majorité de poursuivre sa mise en marche vers la présidentielle avec une thématique économique et sociale «qui intéresse les Français» et sur laquelle «la droite accuse un retard sur la gauche», assurent les politologues à 20Minutes.

Les ministres en première ligne

«Cela faisait plus de six mois que Nicolas Sarkozy était scotché à la sécurité, il est obligé de revenir sur l’économique et le social», indique Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA, même si le chef de l’Etat a préféré prendre ses distances et laissé ses ministres porter les sujets polémiques.

«En 2007, Nicolas Sarkozy a été élu sur deux aspects: l’insécurité et surtout son "Travailler plus pour gagner plus" qui a beaucoup séduit», rappelle le politologue. La posture invoquée quatre ans plus tard, ciblant les fameux «assistés», agit selon une «vraie cohérence» par rapport à 2007, souligne Jérôme Sainte-Marie, directeur du département Opinions chez CSA. «Il joue sur l’agacement de ceux qui travaillent et gagnent autant que ceux qui ne travaillent pas», précise-t-il.

«Ce sont ceux qui travaillent moins qui vont gagner moins»

«C’est un angle plutôt malin, il sait qu’il ne peut pas promettre plus de pouvoir d’achat alors désormais, ce sont ceux qui travaillent moins qui vont gagner moins», analyse pour sa part Gaël Sliman, qui ajoute: «Les Français sont sensibles à cela, ils sont attachés à leur modèle social, mais il y a des profiteurs».

Et l’affaire du RSA en particulier «permet de retrouver une approche de droite des affaires sociales avec le thème de la responsabilité individuelle», renchérit Jérôme Sainte-Marie. «C’est l’un des rares domaines où la droite est audible en matière sociale», ajoute-t-il. A un an de la présidentielle, Nicolas Sarkozy s’adresse ainsi de nouveau à «la France qui se lève tôt», car, pour Gaël Sliman, ce sera un «thème très fort de la campagne», qui devrait dominer les discours.  Ou comment «transposer sur un terrain moral le contexte économique difficile», selon son homologue du CSA.

Des divisions à prévoir à droite comme à gauche

Cependant, si le sujet préoccupe bien les Français, attachés à la valorisation du travail, il est épineux et provoque déjà des remous au sein même de l’UMP. «Ils auront du mal à s’entendre», prédit Gaël Sliman, et cela pourrait «accentuer les velléités d’indépendance des centristes», appuyant notamment un peu plus la candidature de Jean-Louis Borloo.

De même, le politologue estime que Nicolas Sarkozy n’a pas fini de se battre contre son image de «président des riches» qui a contribué à faire chuter sa popularité et que l’affaire du RSA risque de «renforcer son image antisociale et hostile aux pauvres». Une aubaine pour la gauche? Si pour Gaël Sliman, elle dispose désormais d’«arguments géniaux», Jérôme Sainte-Marie estime au contraire que le sujet pourrait tout autant la diviser. Car, selon le politologue, «cela ne limite pas à une dichotomie droite-gauche».