Présidentielle 2012: Une candidate transexuelle prête à battre la campagne

POLITIQUE Pour la première fois en France, un parti politique se crée avec l’objectif de présenter une candidate transsexuelle à l’élection présidentielle de 2012...

Propos recueillis par Ingrid Gallou

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 Brigitte Glodberg, la présidente du parti Avenir-2012, premier parti dirigé par une transsexuelle.

 Brigitte Glodberg, la présidente du parti Avenir-2012, premier parti dirigé par une transsexuelle. — Brigitte Goldberg/ 20minutes.fr

Un nouveau venu sur la scène politique. Pour la première fois en France, un parti se crée avec l'objectif de présenter une candidate transsexuelle à la présidentielle. A la veille de l’annonce officielle de son lancement, ce mardi 10 mai, sa présidente Brigitte Goldberg dévoile en exclusivité à 20 Minutes les raisons de la création d’Avenir-2012, un parti pas comme les autres.

Pourquoi avoir créé Avenir-2012 ? Est-ce le parti des transsexuels?
Ce n’est pas un parti transsexuel mais le premier parti politique dirigé par une dirigeante transsexuelle. Nous ne prétendons pas représenter la communauté LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) dans son ensemble. Pas de communautarisme chez nous, même si nous nous inspirons des valeurs de liberté, de tolérance et des respects propres au mouvement LGBT. Ce dernier fait d’ailleurs partie, avec la constitution de 1793 d’inspiration communarde (votée mais jamais appliquée), de nos sources d’inspiration.

Le lancement de votre parti est prévu ce mardi 10 mai, à l’occasion des 30 ans de l’accession au pouvoir de François Mitterrand. Une date symbolique pour vous aussi?
J’étais place de la Bastille en 1981, portée par l’espoir de voir le monde changer. Trente ans après, jour pour jour, le monde a effectivement changé, mais pas comme nous l’espérions : les espoirs que nous placions dans la gauche se sont envolés et il n’existe plus aucun contrepoids au libéralisme. Aussi notre programme propose-t-il un vrai changement de société.

Quelles en sont les grandes lignes?
Notre programme est construit autour de deux axes principaux: la relance de la croissance par l’exportation et celle de la consommation intérieure. Pour cela, nous comptons réformer les aides aux entreprises en favorisant les PME, qui n’exportent pas suffisamment. La relance de la consommation intérieure passe par une hausse du pouvoir d’achat, à travers la suppression des niches fiscales et une réforme de la fiscalité. En résumé, créer de la croissance tout en gardant une justice sociale.

Soit. Mais on vous attend tout particulièrement sur les questions sociétales…
Depuis 2010, on assiste à un virage à droite, à un retour à l’ordre moral qui ne va pas dans le sens de la société que souhaitent nos concitoyens. Nous nous prononçons donc pour le mariage entre personnes du même sexe, pour l’adoption des couples homosexuels et pour un meilleur suivi juridique et médical des personnes transgenres et transsexuelles.

Où vous positionnez-vous sur l’échiquier politique?
Au centre gauche.

Comment espérez-vous diffuser vos idées?
Notre courant de pensée repose sur le collectif Trans-Europe, qui a réuni depuis sa création plusieurs milliers de personnes. Ici, pas de structure pyramidale, pas de commissions, mais des échanges horizontaux basés sur le fonctionnement des réseaux sociaux. Nous comptons d’ailleurs largement sur eux pour nous développer, ce qui présente un avantage économique non-négligeable, les couts de fonctionnement (et donc de campagne) étant extrêmement faibles. Et puis nous espérons une audience médiatique, du au fait que la présidente d’Avenir-2012 est un peu particulière, pour créer l’adhésion et le buzz.

Justement, ne craignez-vous pas d’être rangée dans la catégorie des candidatures farfelues?
Non, car il suffit pour cela de lire notre programme qui, je pense, est sérieux, crédible et n’a rien de folklorique. De même que nos propositions, réalistes et qui couvrent toutes les problématiques actuelles. Nous sommes un parti comme les autres, mais différent.

Avez-vous l’ambition de franchir le cap des 500 signatures nécessaires pour pouvoir présenter un candidat à l’élection présidentielle?
On va bien sûr essayer de réunir les 500 signatures. En tant que structure importante de la collectivité LGBT, nous comptons sur les différents collectifs LGBT intercèdent auprès des mairies, dont certaines témoignent d’une franche sympathie à l’égard de nos combats, à l’image de la maire de Montpellier, qui a marié symboliquement un couple homosexuel….. Nous faisons confiance au maillage LGBT, très souple et bien réparti sur le territoire, pour remplir cet objectif. Quantitativement, c’est réalisable. La question géographique nous effraie plus, puisqu’il faut que les signatures soient réparties sur au moins 30 départements.

Imaginons que vous arriviez à réunir 500 signatures…
Je débouche une énorme bouteille de champagne ! …

Et que vous présentiez une candidature. Pour qui appelez-vous à voter au 2nd tour?
A l’heure actuelle, nous savons seulement de qui nous ne voulons pas : du FN et de l’extrême gauche, d’une part. Et de Sarkozy d’autre part, compte-tenu de l’échec de sa politique gouvernementale. Tout se jouera pour nous entre la gauche et le centre droit.

C’est en tant que femme que vous vous engagez sur le terrain politique. Quels sont vos modèles en la matière?
Simone Veil ou Golda Meir sont pour moi des sources d’inspiration remarquables, de même que Martin Hirsch.