Roland-Garros 2013: Simon-Federer (1-6, 6-4, 6-2, 2-6, 3-6) à revivre en live comme-à-la-maison

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Publié le 23 mars 2011.

INTERVIEW - Pour la première secrétaire du PS, «ce n'est pas la France qui a perdu son identité, c’est la droite»...

Entre deux déplacements dans la Sarthe et dans le Jura où elle bat la campagne, Martine Aubry  a reçu 20minutes mercredi dans son bureau de Solferino. A la tête d’un parti qui peut remporter  - espère-t-elle  - deux départements, la première secrétaire parle des Français et des 15 mois cruciaux qui s’annoncent pour le PS.

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Au soir du premier tour, le PS en tête, les socialistes ont semblé avoir la victoire modeste.
Oui, nous sommes évidemment inquiets par la situation de la France. Quand notre pays compte autant de Français exaspérés par la politique de Nicolas Sarkozy, autant de citoyens qui ne supportent plus les injustices et qui se tournent vers le FN, nous ne pouvons qu’être préoccupés. Même si je suis satisfaite du score du PS -31% (avec les divers gauche)- et de la gauche qui frise les 50%.

Le PS a-t-il renoncé à convaincre les électeurs du FN?
Non. Il y a deux types d’électeurs FN. Ceux qui adhérent aux thèses classiques du Front National sont minoritaires. Même si le discours xénophobe a été banalisé par Nicolas Sarkozy avec ses discours sur l’identité nationale, l’Islam ou les Roms. Mais il y a aussi dans ce vote de nombreux Français qui se sentent humiliés et oubliés, qui veulent dire non parce qu’ils n’arrivent plus à boucler leur fin de mois, ni  à faire leur plein d’essence, qui veulent protester. Il faut les convaincre que leur vie quotidienne peut changer, notamment en choisissant dimanche des conseils généraux de gauche. Et que voter en 2012, ce sera un vrai choix.

A propos du FN, qu’avez-vous pensé des consignes de l’UMP cette semaine?
Je trouve extrêmement inquiétante la position de Monsieur Copé qui est aussi celle du président de la République. Pour la première fois, la droite en France a préféré le Front national au vote républicain. La droite est en train de perdre son âme. Elle ne  pense plus à régler les problèmes des Français mais à sa réélection en 2012. Et si Monsieur Fillon n’était pas d’accord et voulait le dire, ce n’est pas en faisant fuiter une phrase ambigüe mais en s’adressant au pays.  Il faut le faire clairement. Ce n’est pas la France qui a un problème d’identité mais la droite.

Comment faire revenir les abstentionnistes dans l’isoloir?
L’abstention est un problème récurrent depuis des années. Un problème qui interroge tous les partis politiques d’abord, mais aussi les médias. Car les  Français ont envie que l’on parle des questions de fond plutôt que des petites phrases.  Mais à vrai dire, je craignais un taux encore plus haut, car le gouvernement n’a mené aucune campagne d’appel au vote et a tout fait pour escamoter cette élection qui pour la première fois n’était pas couplée avec une autre. Cela signifie que les Français ont quelque chose de fort à dire: une exaspération  contre la droite mais aussi une attente de changement. L’important pour moi est de lancer fortement un appel au vote pour dimanche prochain: les choses  peuvent changer et ce n’est pas lundi matin qu’il faudra se réveiller.

Le rassemblement à gauche provoque des tensions entre les écologistes et le Front de gauche. Etes-vous inquiète pour l’avenir?
J’ai mouillé ma chemise pour que la gauche soit rassemblée dès dimanche soir. Nous avons la  conviction d’avoir une immense responsabilité face  à l’inquiétude du pays. Ensuite, comme toujours, il y a la vie locale et ses tensions. A l’heure où je vous parle, il y a 1985 cantons où nous sommes unis et 38 où il y a deux candidatures de gauche. Cela représente seulement 2% des cantons.

Le projet du PS début avril sera-t-il celui du candidat socialiste à la présidentielle?
Oui. On ne peut pas être candidat du PS, si on ne veut pas reprendre son  projet. Si on adhère à un parti, c’est pour défendre ses idées.  Cela fait près de 3 ans que l’on prépare des réponses dans chaque  domaine, en écoutant les Français, et en travaillant avec des syndicalistes, des associations, des intellectuels, des chercheurs, des chefs d’entreprise…

Craignez-vous une guerre intestine pendant les primaires?
J’en appelle à la responsabilité de chacun. Nous avons tant à proposer aux Français ensemble. Jusqu’au bout je porterai cette idée. Que chacun se garde de la tentation des petites phrases pour se distinguer.

Ecoutez-vous ceux qui vous poussent à vous présenter?
Ça fait plaisir de voir que le travail fait et ma façon de faire de la politique sont partagés par de nombreux élus. Cela me touche évidemment. Comme chacun, j’ai le droit de me présenter aux primaires mais j’ai un devoir en plus comme première secrétaire, c’est de faire gagner le PS et de trouver la meilleure façon de battre Nicolas Sarkozy

Qui incarne cette meilleure façon de gagner?
Ce n’est pas le moment d’en parler.

Vous souhaitiez que la France retrouve sa voix au niveau international, vous êtes satisfaite de l'action française en Libye?
La France doit  toujours être aux premiers rangs pour soutenir les aspirations à la liberté. Le Président de la République a tardé à soutenir les peuples Tunisiens et Egyptiens, il a préféré saluer le «courage» de Moubarak parce qu’il partait, plutôt que le courage des Egyptiens qui luttaient pour la démocratie! En Libye, pendant trois semaines, le gouvernement français comme la communauté internationale ont tardé à agir. Trois semaines de perdues, ce sont les insurgés qui n’ont pas pu prendre Tripoli, c’est Benghazi encerclée. Le président a enfin pris cette initiative. C’est la bonne décision. J’ai regretté qu’il ait présenté cela comme une initiative personnelle au lieu d’essayer de convaincre nos partenaires. Cela aurait été plus efficace. Il fallait aussi convaincre les pays arabes, comme Obama l’a fait. Ceci dit, enfin la France est à la place où elle doit être.

Propos recueillis par Matthieu Goar et Maud Pierron
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