Les actes homophobes en hausse de près de 20 % en 2016 à cause de la campagne électorale

SOCIETE SOS homophobie a enregistré 1.575 témoignages de victimes en 2016, contre 1.318 en 2015, soit une augmentation de 19,5 %…

20 Minutes avec AFP

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Des militants de SOS Homophobie participant à une action en 2005 à Paris.

Des militants de SOS Homophobie participant à une action en 2005 à Paris. — BERTRAND GUAY / AFP

  • SOS homophobie a enregistré 1.575 témoignages de victimes en 2016.
  • Les propos discriminatoires ont explosé durant la campagne présidentielle, notamment durant la primaire de droite.

Menaces, insultes, messages de haine… Les actes homophobes ont fortement augmenté en 2016, après deux années de baisse, affirme ce mercredi le rapport annuel de l’association SOS homophobie, qui attribue cette recrudescence à la multiplication des propos discriminants durant la campagne électorale.

« La haine envers les personnes lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) persiste, s’amplifie et s’ancre toujours aussi profondément dans notre société », constate SOS homophobie, qui a enregistré 1.575 témoignages de victimes en 2016, contre 1.318 en 2015, soit une augmentation de 19,5 %.

Des propos discriminatoires « stimulés » par les médias

Après une forte hausse liée aux débats houleux sur le mariage pour tous, et un pic de 3.517 signalements en 2013, les actes homophobes étaient retombés en 2015 à leur niveau de 2009, celui d’une persistance de « l’homophobie ordinaire » selon l’association.

Mais durant « la préparation de la présidentielle », notamment la primaire de la droite, « le discours conservateur, de haine, a été beaucoup repris dans les médias », ce qui a « stimulé » les propos discriminatoires, analyse Joël Deumier, le président de SOS homophobie. « Les arguments de la Manif pour tous ont été relayés par Sens commun », son émanation politique et l’un des principaux soutiens du candidat LR François Fillon, ce qui a « amplifié » leur diffusion dans « une partie de la droite », poursuit ce militant.

Internet, un véritable « défouloir »

Internet, « cet espace d’expression qui échappe à la législation censée l’encadrer », a ensuite servi de « défouloir » pour les homophobes, pointe le rapport. 22,5 % des témoignages surviennent sur la toile, principal « contexte » de l’homophobie devant la famille (15 %) et les lieux publics (14 %)

Les hashtags « LesHomosexuelsDoiventDisparaitre » et « #EnsembleLuttonsContreLesPd » ont également fait leur apparition sur Twitter.