VIDEO. Election présidentielle: Les cinq temps forts de l’entre-deux-tours Macron-Le Pen

BEST OF Ce scrutin 2017 a été marqué par des séquences inédites dans la vie politique française, y compris dans les deux dernières semaines…

O. P.-V.

— 

Emmanuel Macron à Amiens le 26 avril 2017 ; Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen à Paris à Paris le 29 avril 2017.

Emmanuel Macron à Amiens le 26 avril 2017 ; Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen à Paris à Paris le 29 avril 2017. — LAURENT CHAMUSSY/Thibault Camus/AP/SIPA

  • La journée d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen sur le parking de l'usine Whirlpool restera comme l'une des séquences fortes de la campagne.
  • L'accord de gouvernement de la cheffe frontiste passé avec Nicolas Dupont-Aignan est un cas inédit dans la vie politique française.
  • Le débat a globalement tourné à l'avantage d'Emmanuel Macron, moins agressif que sa rivale.

Médiocre pour certains, éclairante pour d’autres… Quel que soit le point de vue, la campagne présidentielle 2017 aura accouché de scènes surréalistes et de situations jusqu’alors inconnues dans la vie politique française. L’entre-deux-tours n’a pas dérogé à cet esprit, Emmanuel Macron et Marine Le Pen offrant un spectacle étonnant pendant deux semaines. 20 Minutes revient sur les cinq moments marquants du sprint final entre les deux candidats restants.

23 avril : La Rotonde, faute de com’de Macron

Il y a quinze ans, quand Jacques Chirac se qualifiait pour le second tour de l’élection présidentielle face à Jean-Marie Le Pen, le président affichait sa mine des mauvais jours. « Ce soir, je veux m’exprimer devant vous avec gravité », disait-il en introduction de son discours du 21 avril, juste après 20h. À la même heure, le 23 avril 2017, Emmanuel Macron inaugurait son texte victorieux d’un « Merci à vous ! Voilà », alors que la fille de Jean-Marie Le Pen l’accompagnait dans sa qualification pour le second tour. Le ton de ce discours lui a été reproché.

Mais c’est surtout sa présence quelques heures plus tard à La Rotonde, brasserie du 6e arrondissement parisien, qui a fait jaser. Les souvenirs de la soirée de Nicolas Sarkozy au Fouquet’s après son élection en 2007 sont remontés et le candidat d’En Marche ! a été critiqué pour son manque de gravité.

« Je crois qu’au Fouquet’s, il n’y avait pas beaucoup de secrétaires, pas beaucoup d’officiers de sécurité. Moi je n’ai pas de leçons à recevoir du petit milieu parisien », a-t-il rétorqué, alors qu’il célébrait sa qualification en compagnie de Jacques Attali, Stéphane Bern ou encore Daniel Cohn-Bendit.

>> A lire aussi : VIDEO. Présidentielle: Macron fait la fête à la Rotonde et n'a «pas de leçons à recevoir»

26 avril : À Amiens, sur le parking de l’usine Whirlpool

La séquence la plus dingue de l’entre-deux-tours, mise en scène par les chaînes d’informations en continue. Emmanuel Macron avait annoncé son déplacement dans la matinée à la CCI d’Amiens pour discuter avec l’intersyndicale de l’usine Whirlpool locale, promise à la fermeture après la volonté de son propriétaire de délocaliser en Pologne. Pendant que les caméras de BFM et cie filment l’ancien ministre entre quatre murs avec des syndicalistes, loin de l’entreprise, qui débarque sur le parking de Whirlpool ?  Marine Le Pen, pour un quart d’heure de selfies. Les écrans se divisent en deux, l’image est alors terrible pour le candidat d’En Marche !. « Je suis là au côté de salariés, sur le parking, pas dans des restaurants amiénois », enfonce MLP auprès de BFMTV.

L’équipe Macron décide de réagir en urgence et improvise un déplacement auprès des ouvriers menacés. À 15h, il débarque sous les sifflets, dans une ambiance hostile. Démarre alors une autre séquence inédite : dans un Facebook live de 45 minutes, le candidat s’explique directement avec les travailleurs de Whirlpool, sans filet. À l’arrivée, la colère retombe un peu. Entamée de manière catastrophique, la journée d’Emmanuel Macron est rattrapée in extremis par ce direct sur les réseaux sociaux au milieu des ouvriers. Pour notre reporter sur place, « C’était "Il était une fois en Picardie" de Sergio Leone, du bon gros western de qualité, featuring Marine Le Pen et Emmanuel Macron ».

>> A lire aussi : Présidentielle: Duel au revolver devant Whirlpool, on vous raconte la folle journée de Macron et Le Pen à Amiens

28 avril : Nicolas Dupont-Aignan annonce son ralliement au FN

Encore un inédit. À l’occasion de cette campagne présidentielle, le Front national a pour la première fois recueilli le soutien d’un candidat éliminé au premier tour. En l’occurrence Nicolas Dupont-Aignan, leader de Debout La France, crédité de 4,70 %. Sur France 2, l’ancien membre de l’UMP a annoncé faire « campagne avec [Marine Le Pen] sur un projet de gouvernement élargi ».

Le lendemain, au cours d’une conférence de presse commune, la cheffe du FN précise la teneur de leur accord : Dupont-Aignan sera Premier ministre en cas de victoire du parti d’extrême droite. Là encore, c’est une nouvelle étonnante, aucun candidat à l’élection présidentielle n’ayant jamais annoncé son choix de chef de gouvernement avant l’issue du scrutin.

>> A lire aussi : Présidentielle: Après le soutien de Dupont-Aignan à Marine Le Pen, plusieurs cadres de Debout la France démissionnent

1er mai : Meetings croisés pour la fête du Travail

Les syndicats dispersés dans Paris, Jean-Marie Le Pen en spectacle au pied de la statue de Jeanne d’Arc, et pendant ce temps, pour les traditionnelles démonstrations de force du 1er mai, Emmanuel Macron investissait La Villette, à Paris également, et Marine Le Pen s’offrait un meeting dans le 93, au palais des expositions de Villepinte. Séparés par quelques kilomètres, les deux rivaux n’ont pas oublié de se taper dessus.

Le Pen sur Macron, qu’elle assimile à François Hollande : « Ce candidat sortant, nous allons le sortir ». Macron sur Le Pen, qu’il appelle « l’héritière » : « Ne la sifflez pas, allez combattre, allez convaincre. Faites la perdre dimanche prochain ! » Chacun a sorti l’artillerie lourde des soutiens. Chez les frontistes, Nicolas Dupont-Aignan a droit à un accueil de rock star ; chez les marcheurs macronistes, on a pu voir au premier Ségolène Royal, Jean-Yves Le Drian et François Bayrou.

>> A lire aussi : Présidentielle: Le match des meetings du 1er mai entre Le Pen et Macron

3 mai : Le débat, Le Pen en boxeuse sarcastique, Macron en mode self-control

Le climax de l’entre-deux-tours, ce débat si attendu qui a viré au match de boxe, au pugilat, à la démonstration de free-fight verbal, bref, prenez la métaphore sportive que vous souhaitez, seule certitude : l’atmosphère était tendue et pesante, la responsabilité de cette ambiance incombant principalement à Marine Le Pen, très agressive dès sa première prise de parole. L’avocate de formation a dépeint son opposant en « candidat de la mondialisation sauvage, de l’ubérisation, de la précarité, de la brutalité sociale, de la guerre de tous contre tous ». Emmanuel Macron, resté relativement calme face aux attaques, a ironisé dans sa réponse : « Vous avez démontré que vous n’êtes pas la candidate de l’esprit de finesse ».

S’en sont suivies 2h20 d’invectives pour l’essentiel, d’explications techniques de l’ancien ministre, d’accusations de « complaisance » avec le fondamentalisme islamiste de la part de la candidate FN, et de formules désuètes chez Emmanuel Macron (« saut de cabri », « galimatias », « poudre de perlimpinpin ») pour décrire le programme de sa rivale.

>> A lire aussi : VIDEO. Débat présidentiel: Ce qu'il faut retenir du match de boxe Macron-Le Pen