• La sortie de l’euro n’est plus un préalable
  • La loi Taubira n’est pas évoquée dans l’accord entre la candidate FN et le président de Debout la France

« Une alliance patriote et républicaine ». Samedi matin, Marine Le Pen, candidate du Front national qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle, a annoncé qu’elle confierait le poste de Premier ministre à Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, en cas de victoire le dimanche 7 mai. Lors de cette conférence de presse qui s’est tenue à Paris, l’accord a été scellé entre les deux partis et modifie quelque peu le projet du FN.

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Voici le résumé de l’accord en six points de cette « alliance patriote et républicaine » entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan.

Euro. « La transition de la monnaie unique à une monnaie commune européenne n’est pas un préalable à toute politique économique », s’accordent les deux dirigeants, évoquant un « calendrier adapté aux priorités et défis immédiats ».

La négociation sur l’UE et l’euro, prévue pour commencer dès l’élection éventuelle de Marine Le Pen avec une durée de six mois et suivie d’un référendum, commencera en 2018 et durera « plusieurs mois, voire années», a dit Marion Maréchal-Le Pen.

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Accès gratuit aux services publics. « Le délai de carence concernant la gratuité de l’accès aux services publics pour les étrangers arrivant légalement en France ne concernera pas l’école », contrairement à ce que souhaitait Marine Le Pen.

Les enfants d’étrangers sans-papiers pourront être expulsés, malgré leur scolarisation.

Contribution sociale à l’importation. Dans ses 144 engagements présidentiels, la candidate du Front national voulait « interdire l’importation et la vente de produits provenant de l’étranger qui ne respecte pas les normes imposées aux producteurs français ».

Cette importation de « produits qui concurrencent déloyalement la production française (dumping social, fiscal et environnemental) » sera autorisée à la suite de cet accord, mais sera soumise à la « contribution sociale à l’importation » souhaitée par Marine Le Pen. Son taux sera de « 3 % en moyenne ».

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« Loi éthique ». Les deux alliés veulent « une grande loi d’éthique » contre les « conflits d’intérêts » avec « l’exigence d’un casier judiciaire vierge pour tout candidat à une élection ».

« Patriotisme démocratique ». Ils veulent un « patriotisme démocratique qui […] promeut le pluralisme politique, reconnaît le vote blanc, garantit l’indépendance et l’impartialité de la justice et défend la liberté de travail des journalistes, qui devra passer par un renforcement législatif et constitutionnel de ces principes fondateurs par référendum ».

« Priorité nationale ». Celle-ci concernait le logement, l’emploi ou les aides sociales. La patronne « en congé » du FN souhaitait inscrire la priorité nationale dans la Constitution, elle est absente de l’accord.

Loi Taubira. Le texte n’évoque pas non plus cette loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels, que le FN souhaite abroger et sur laquelle Nicolas Dupont-Aignan avait dit récemment qu’il ne souhaitait pas revenir.