Macron a-t-il oublié que son bras droit a pris part à l’élection du président du Venezuela?

POLITIQUE Le candidat d’En Marche critique l’attirance de Mélenchon pour le Venezuela, en proie à la corruption depuis qu’il a à sa tête Nicolas Maduro…

F.P.

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Emmanuel Macron dans «L'Émission politique» sur France 2, le 6 avril 2017.

Emmanuel Macron dans «L'Émission politique» sur France 2, le 6 avril 2017. — AFP

« Je rappelle qu’il érige comme modèle le Venezuela », soulignait Emmanuel Macron, mercredi dans la République des Pyrénées  au sujet de Jean-Luc Mélenchon. Pour le candidat d’En Marche, c’est évidemment peu flatteur. « Le Venezuela, après Chavez, c’est quand même le pays qui est tellement mal en point économiquement qu’il est contraint d’importer du pétrole alors qu’il possède des réserves parmi les plus importantes du monde. »

« L’alliance bolivarienne » moquée par Macron

Ce jeudi 13 avril, Emmanuel Macron en rajoutait une couche encore en ironisant sur le chapitre 62 du programme de Jean-Luc Mélenchon qui précise que si le candidat de la France insoumise est élu, la France rejoindra « l’alliance bolivarienne », une organisation de coopération dont les principaux pays sont le Venezuela ou Cuba mais qui compte aussi, comme pays observateurs, l’Iran ou la Russie.

>> Lire aussi : Qu'est-ce que l'Alliance Bolivarienne à laquelle souhaite adhérer Mélenchon ?

Rongé par la crise économique, la corruption et les violences, le Venezuela de Nicolas Maduro, l’actuel président, n’est plus ce laboratoire de la gauche radicale qu’il a pu être sous la présidence Chavez, entre 1999 et 2013.

Son bras droit a pris part à l’élection de Maduro

Mais Emmanuel Macron parle un peu trop vite lorsqu’il moque Jean-Luc Mélenchon, estimeMediapart, qui rappelle que son plus proche conseiller n’est autre qu’ Ismaël Emelien. Or, avant de préparer le lancement du mouvement En Marche en avril 2016, ce dernier travaillait chez Havas où il figurait dans l’équipe qui pilotait la communication de la campagne présidentielle de Nicolas Maduro, l’actuel président et successeur d’Hugo Chavez. « Je suis allé au Venezuela deux fois trois jours. J’ai consacré à cette mission environ une journée par semaine pendant trois mois, a confirmé Ismaël Emelien à Mediapart.

Le juteux contrat entre le gouvernement vénézuélien et l’agence Havas comprenait une offre complète avec la réalisation de spots publicitaires, un documentaire, l’organisation et la conception de meetings, les réseaux sociaux et le conseil. La prestation d’Havas n’a pas été un grand succès, précise Mediapart, Maduro chutant fortement dans les sondages pour finalement gagner la présidentielle sur le fil.