Présidentielle: Le «péril» Mélenchon, le «concours de circonstances» Macron... Hollande sort de son silence

POLITIQUE L’actuel chef de l’Etat redoute que le vainqueur ne soit « la dernière quille à rester debout »…

H. B.

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Le président François Hollande

Le président François Hollande — ETIENNE LAURENT / POOL / AFP

François Hollande est « inquiet ». En retrait de la campagne présidentielle, l’actuel chef de l’Etat a décidé de sortir de son silence pour commenter notamment la percée dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon.

Dans un entretien accordé au Point à paraître jeudi, il pose un regard critique sur l’engouement suscité par  le candidat de la France insoumise : « Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte ».

Pas de consigne de vote avant le second tour

« Il peut exister chez les Français la tentation d’abattre le ou les favoris du scrutin », ajoute le président de la République qui dit se méfier du « dégagisme » revendiqué par Jean-Luc Mélenchon.

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Dans les colonnes du Monde, où le président de la République s’est également exprimé, François Hollande redoute que le vainqueur ne soit « la dernière quille à rester debout » et parle « d’une campagne qui sent mauvais », en faisant notamment allusion à un éventuel duel Le Pen-Mélenchon au second tour.

Le président de la République ne compte pas pour autant donner de consigne de vote. Il devrait en revanche se prononcer pour un candidat avant le deuxième tour, indique-t-il au Point.

Macron a profité «d'un concours de circonstances»

François Hollande a également des mots pour son ancien ministre Emmanuel Macron. «Sa stratégie n'a donné des résultats qu'à cause d'un concours de circonstances», observe le président de la République avant de lancer ce conseil en guise d'avertissement à l'adresse de son ex-protégé et ancien ministre de l'Economie: ceci «ne suffit pas, il faut un contenu qu'il doit affirmer encore».

«Quand Emmanuel Macron est venu me dire qu'il voulait lancer un mouvement, je ne l'ai pas découragé», explique encore le chef de l'Etat qui laisse clairement poindre une préférence pour celui qui fut aussi son conseiller à l'Elysée. «Je considère que la politique a besoin de renouvellement et il n'y avait pas de raisons de s'opposer à sa tentative» même si «son pari d'être candidat m'a ensuite paru pour le moins audacieux», observe-t-il.