VIDEO. «Fossoyeur de la gauche», «minable»… Valls lâche Hamon pour Macron et les critiques pleuvent

PRESIDENTIELLE Plusieurs élus du PS ont taclé l’ancien Premier ministre le qualifiant d'«homme sans honneur»…

Clémence Apetogbor

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Manuel Valls après sa défaite à la primaire élargie du PS face à Benoît Hamon

Manuel Valls après sa défaite à la primaire élargie du PS face à Benoît Hamon — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Le soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron, officialisé par l’ancien Premier ministre ce mercredi, a-t-il allumé la mèche de l’explosif qui va dynamiter le  Parti socialiste ?

Moins de deux heures après l’annonce de Manuel Valls au micro de RMC/BFMTV, les réactions de socialistes ont commencé à pleuvoir.

« Un homme sans honneur », un comportement « minable »

La première d’entre elles a été celle du député des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci, qui a lancé à l’ancien locataire de Matignon : « Tu nous fais honte ».

Pierre Moscovici a fait dans la poésie, sans jamais nommer Manuel Valls. Mais il est facile de lire entre les lignes de cette citation de Léon Blum choisie par le commissaire européen.

On reste dans la poésie avec le député Sébastien Denaja, qui a soutenu Benoît Hamon dès la primaire. Manuel Valls « observe les règles de l’honneur comme on observe les étoiles, de loin… », a-t-il estimé, citant Victor Hugo.

Arnaud Montebourg non plus n’a pas pris de gants. « Chacun sait désormais ce que vaut un engagement signé sur l’honneur d’un homme comme Manuel Valls : rien. Ce que vaut un homme sans honneur ».

Le député de Seine-et-Marne Olivier Faure s’est lui interrogé sur le crédit que l’on pouvait dès lors accorder à Manuel Valls. « Pour un élu, le vote est sacré. S’il ne le respecte pas, qui le respectera ? », a-t-il interrogé.

Pour la députée des Hautes-Alpes Karine Berger, le « comportement de Manuel Valls est minable », ni plus ni moins. Son collègue Philippe Baumel a parlé d'« un dernier 49-3 médiatique pour casser la gauche ».

Pour l’élu du Cher et membre de l’équipe de campagne de la gauche Yann Galut, « jusqu’au bout Valls aura été le fossoyeur de la gauche ».

Indignation chez Hamon

En baisse dans les sondages, autour de 10 à 11 %, Benoît Hamon avait anticipé cette défection dès dimanche, en dénonçant à l’avance un « ralliement » en forme de tentative de « mise à mort ».

Mercredi matin sur France 2, peu avant la déclaration de l’ex-Premier ministre, le candidat PS a déploré « une sorte de feuilleton destiné à (l)'affaiblir ».

Dans une tribune dans Le Monde signée ce mercredi par des soutiens importants de Benoît Hamon, comme l’économiste Thomas Piketty et la sociologue Dominique Méda, un collectif d’intellectuels et d’artistes a dénoncé « le silence assourdissant » de la direction du PS et de Jean-Christophe Cambadélis face aux défections.

Ce dernier a réagi ce mercredi peu avant 10 heures, se disant « triste » du soutien de Valls à Macron et appelant les socialistes « au calme ». « Je suis triste de ne pas avoir réussi à convaincre Manuel Valls de ne pas soutenir Emmanuel Macron. Je combats cette position. »

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« Qui a fait le choix de ne pas occuper une position centrale après la primaire, de ne pas rassembler toute la gauche progressiste ? », s’est défendu Manuel Valls. « Qui dans le dernier débat (…) s’en est pris d’abord sur les questions d’argent, à Emmanuel Macron, plutôt qu’à Marine Le Pen ou François Fillon ? », a-t-il critiqué.

« Ce n’est pas un ralliement. C’est une prise de position responsable », a martelé l’ancien locataire de Matignon, précisant qu’il ne participerait pas à la campagne du fondateur d’En Marche !. Ce dernier a affirmé qu’il ne comptait pas installer d’anciens ministres au sein de son futur gouvernement car il « prône le renouveau des visages ».