François Fillon en déplacement à Tourcoing le 17 fevrier.
François Fillon en déplacement à Tourcoing le 17 fevrier. - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le temps presse pour le candidat des Républicains. Englué dans l’affaire du PenelopeGate, François Fillon ne parvient toujours pas à inverser la tendance dans les sondages. Il est donc passé à l’offensive mercredi, avec une nouvelle proposition de loi visant à abaisser la majorité pénale de 18 à 16 ans. Une mesure qui témoigne d’une volonté de s’adresser à la base de son électorat.

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« Reprendre l’initiative »

Car l’ex-Premier ministre est loin d’en avoir fini avec les affaires. Surtout depuis que le parquet national financier (PNF) a déclaré jeudi qu’il n’envisageait pas de classer sans suite l’enquête ouverte pour « détournement de fonds publics » et « abus de biens sociaux », concernant les emplois présumés fictifs de son épouse Pénélope.

Aussi, pour François Fillon, qui laissait entendre à des journalistes du Figaro qu’une mise en examen ne le ferait finalement pas renoncer, « il s’agit désormais d’orienter le débat dans une autre direction », estime Jean Garrigues, historien spécialiste d’histoire politique. « François Fillon doit reprendre l’initiative, afin de sortir du Penelope Gate », poursuit l'historien. « Cette affaire lui a fait perdre beaucoup de terrain, qu’il doit désormais reconquérir ». Et rien de mieux qu’une proposition forte pour remobiliser son électorat et recentrer le débat autour de son projet.

Renouer avec les sarkozystes

Nul n’aura manqué de constater que cette mesure ne faisait pas partie du programme initial de François Fillon. Au contraire, le candidat y était encore opposé il y a un mois de cela selon Europe 1, qui indique que « c’est en sortant d’un déjeuner avec Nicolas Sarkozy que le député de Paris a opéré cette volte-face ».

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Cette proposition faisait en effet partie du programme de l’ancien chef de l’Etat lors de la primaire des Républicains. Selon Jean Garrigues, elle est « un clin d’œil évident aux sarkozystes, qui ont fortement discuté le statut de François Fillon depuis les révélations du Canard enchaîné ». Il s'agit donc d'une mesure de rassemblement que l’historien qualifie de « symbolique électoraliste ».

Chasser sur les terres du Front national

L’annonce de cette proposition ne s’adresse pas uniquement aux sarkozystes qui auraient des doutes. Elle vise également à rassembler de manière plus large en tentant de séduire notamment des électeurs qui se seraient tournés vers Marine Le Pen. « Cette annonce concerne également l’aile populiste de la droite », estime Jean Garrigues. « L’électorat du Front national est sensible aux mesures de fermeté et de sécurité et François Fillon veut aller chercher cet électorat en choisissant le tournant sécuritaire », soutien l'historien. Reste à voir si cette stratégie s’avérera payante pour le candidat.

 

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