Emmanuel Macron le 31 janvier 2017 à Paris.
Emmanuel Macron le 31 janvier 2017 à Paris. - CHAMUSSY/SIPA

Tollé à la droite de l’échiquier politique. Plusieurs responsables de LR et du Front national ont fait part mercredi de leur émoi et de leur « honte » après que le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron a qualifié la colonisation française de « crime contre l’humanité » lors d’une interview en Algérie.

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Dans une interview à la chaîne privée algérienne Echourouk News lors de son voyage en Algérie en début de semaine, l’ancien ministre de l’Economie avait qualifié la colonisation de « crime », de « crime contre l’humanité » et de « vraie barbarie ».

« La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes », a-t-il déclaré, tout en affirmant ne pas vouloir « balayer tout ce passé ».

« Emmanuel Macron n’a aucune colonne vertébrale »

Plusieurs responsables politiques Les Républicains mais surtout du FN ont vivement réagi au lendemain de la mise en ligne de cette interview. François Fillon a jugé « indigne d’un candidat à la présidence de la République » « cette détestation de notre histoire, cette repentance permanente », ajoutant : « Il y a quelque temps, Monsieur Macron trouvait des aspects positifs à la colonisation. Ca veut dire qu’Emmanuel Macron n’a aucune colonne vertébrale. Il dit simplement ce que ceux qui l’écoutent veulent entendre ».

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« Honte à Emmanuel Macron qui insulte la France à l’étranger », a tweeté de son côté le député LR Gérald Darmanin, un proche de Nicolas Sarkozy.

« Opposer les Français, ressortir ces histoires pour diviser, pour remobiliser, je vois bien les soucis électoraux qu’il y a derrière tout ça. Ce n’est pas digne d’un chef d’Etat d’aller agiter des cicatrices qui sont encore très douloureuses », a lancé Jean-Pierre Raffarin sur BFMTV.

Tollé chez l’extrême droite

« Macron, le candidat des élites, des banques, des médias et… de la repentance », a fustigé la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, également sur Twitter. « Non content de vouloir la dissoudre dans le grand bain mondialiste, Macron dénigre la France à l’étranger. Et il aspire à la présider ? », a réagi le sénateur frontiste David Rachline.

Quant au trésorier du FN Wallerand de Saint Just, il a accusé Emmanuel Macron de « tirer dans le dos de la France » depuis l’Algérie, ancienne colonie et même département français devenue indépendante en 1962.

En octobre, Emmanuel Macron avait suscité la controverse en déclarant au Point : « Alors oui, en Algérie il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un Etat, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie ».

Ce n’est pas la première fois que le débat sur la colonisation s’est invité dans la campagne présidentielle. Fin août, François Fillon avait déclenché une polémique en jugeant que « la France n'(était) pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique ».

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