Affaire Fillon: «Notre candidat n’est plus audible, il faut en changer», estime le sénateur Alain Houpert

INTERVIEW Le sénateur LR de la Côte-d’Or Alain Houpert espère débarquer François Fillon...

Propos recueillis par Thibaut Le Gal

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François Fillon lors de sa conférence de presse à son QG à Paris, le 6 février 2017.

François Fillon lors de sa conférence de presse à son QG à Paris, le 6 février 2017. — Martin BUREAU / AFP

Journée de crise à droite. François Fillon a tenté une nouvelle fois de rassurer sa famille politique ce mardi, à l’Assemblée, devant le risque de fronde. Le candidat de la droite a essayé d’éteindre toute tentative de putsch, après le dîner d’une vingtaine de parlementaires, la veille. A-t-il réussi ? Pas vraiment. Le sénateur LR de la Côte-d’Or Alain Houpert espère toujours débarquer le candidat. Il répond aux questions de 20 Minutes.

François Fillon a tenté de recadrer les députés. Etes-vous convaincu ?

Je ne sais pas s’ils ont été recadrés. Moi je suis toujours sur la même ligne : François Fillon nous avait demandés quinze jours de moratoire lors d’une rencontre à son QG de campagne. Cela finit demain à midi. Et la situation ne s’est toujours pas éclaircie sur le plan judiciaire. Chaque semaine, on a de nouvelles révélations. François Fillon n’a pas convaincu les Français, et je ne parle même pas des sondages, mais de ce qu’il se dit sur le terrain.

Faire campagne est devenu impossible ?

Les gens sont choqués, par rapport à l’argent, aux sommes évoquées. Je ne connais pas beaucoup de militants qui veulent encore aller tracter. On ne peut pas faire campagne sans cette machine politique. Je suis une courroie de transmission de mon territoire, un messager de ma circonscription. Je préviens donc ma famille politique en disant, « on ne peut plus continuer comme ça ». Sur le terrain, notre candidat n’est plus audible. Il faut en changer. Nous demandons donc la tenue d’un bureau politique. Soit on nous écoute et on trouve une solution, soit on tue le messager.

Christian Jacob a été clair ce matin, en déclarant aux députés, « demander un bureau politique, c’est une connerie monumentale ». Même ton chez François Fillon… Votre pari est-il voué à l’échec ?

Ca lui appartient de penser que c’est une connerie. François Fillon et Christian Jacob font preuve d’une autorité autoritaire. Je n’ai pas le moyen de faire changer les choses si ce n’est d’avertir, de faire remonter ce qui se dit sur le terrain. Personne ne m’en empêchera. Mais si on continue notre campagne comme ça, on n’y arrivera pas. On était 17 lundi, mais une vingtaine de parlementaires n’ont pas pu venir. Nous sommes 40 à penser la même chose, il y a un malaise chez les parlementaires, il faut le reconnaître.

Beaucoup de parlementaires évoquent le fait qu’il n’y a pas de plan B…

Moi je pense qu’il y a un espace politique pour la droite. Le premier problème, c’est d’envisager une autre candidature. Et ensuite, automatiquement, un nouveau candidat va ressortir. Quand Georges Fenech dit que la primaire est caduque, il a raison. Car la victoire de Fillon s’est faite sur un malentendu avec les Français. Le candidat a caché des choses. Choisissons à l’avenir un candidat totalement propre, qu’on passera à l’IRM. Car aujourd’hui, l’ambiance est nauséabonde.