VIDEO. Régionales 2015: Valls appelle à voter contre la «supercherie» FN, Marine Le Pen réplique violemment

ELECTIONS La présidente du parti d’extrême droite a accusé le Premier ministre d’avoir mené la « guerre totale » contre son parti plutôt que contre les djihadistes…

M.C. avec AFP

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Marine Le Pen, Louis Aliot et Robert Ménard à Nîmes, le 2 décembre 2015.

Marine Le Pen, Louis Aliot et Robert Ménard à Nîmes, le 2 décembre 2015. — PASCAL GUYOT / AFP

Dernière passe d’armes à distance entre Manuel Valls et Marine Le Pen avant les élections régionales. Mercredi, le Premier ministre a appelé les Français à se réunir dans une « manifestation nationale pour la République » en allant voter dimanche contre la « supercherie » que représente selon lui le Front national, tandis que la présidente du FN l’accusait d’avoir mené la « guerre totale » contre son parti plutôt que contre les djihadistes.


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« Il y a une responsabilité, une obligation pour chaque Français, une manière d’exercer cette liberté et cette démocratie en allant voter » dimanche, a déclaré le chef du gouvernement sur France 3. « Moi je respecte bien sûr tous les électeurs et mes compatriotes mais je veux leur dire très clairement que le Front national est une supercherie », a-t-il poursuivi.

« L’extrême droite qui n’a jamais aimé la France »

Critiquant des « candidats par ailleurs racistes et antisémites », il a dénoncé un parti « d’extrême droite » prônant « le désordre par la division » et défendant « un programme économique (qui) serait catastrophique pour les entreprises ». « Vous pensez un seul instant que la réponse à ces moments graves, qui nécessitent du sang froid, de la hauteur de vue, de faire vivre les valeurs de la République, serait l’extrême droite qui n’a jamais aimé la France ? », a interrogé Manuel Valls.

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Lors d’un meeting de soutien à son compagnon Louis Aliot, candidat dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, la présidente du Front national a estimé mercredi soir que « Manuel Valls, chef de "l’UMPS", n’a qu’un seul programme, la guerre totale au FN. [Il] place le premier parti de France, représentant des millions d’électeurs, comme l’une des trois grandes menaces de la planète, avec le dérèglement climatique et l’Etat islamique », a-t-elle accusé, deux semaines et demie après les attentats du 13 novembre.

« Le totalitarisme islamiste prendra le pouvoir dans notre pays »

Devant environ un millier de personnes, et une salle pleine à ras bord, elle a « regretté que Manuel Valls ne consacre pas autant d’énergie à lutter contre l’EI qu’il en met pour lutter contre les patriotes du FN », évoquant une « trêve » contre son parti finie trop tôt. « A entendre ses stigmatisations, ses vociférations, ses insultes, j’ai l’impression que [Manuel Valls] va envoyer les forces spéciales neutraliser chaque militant et chaque candidat du FN », a-t-elle encore protesté.

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Face aux djihadistes, « nous n’avons pas d’autre choix que de gagner cette guerre. Si nous échouons, le totalitarisme islamiste prendra le pouvoir dans notre pays, comme il l’a pris en Libye avec l’aide de Nicolas Sarkozy, comme il tente de le prendre en Syrie, en Egypte, en Tunisie, etc. », s’est-elle inquiétée. Dans ce cas-là, « la charia remplacera notre constitution, l’islam radical se substituera à nos lois, nos bâtiments détruits, la musique prohibée, l’épuration religieuse avec son cortège d’horreurs, etc. » a-t-elle affirmé.

De probables bons résultats du parti d’extrême droite montrent le peu d’effet sur les électeurs des mises en examen ayant touché le FN, certains de ses dirigeants ou proches dans l’enquête sur le financement de ses campagnes, et surtout de la querelle opposant le père à sa fille, qui s’est soldée par l’exclusion du cofondateur du parti le 20 août.