Elections régionales: «Nous allons créer une banque publique régionale», annonce Fabien Roussel

POLITIQUE La tête de liste du PCF et d’un front de gauche veut relancer l’économie avec des prêts à taux 0 pour les PME et les collectivités locales…

Propos recueillis par Gilles Durand

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Fabien Roussel, secrétaire fédéral du PCF.

Fabien Roussel, secrétaire fédéral du PCF. — G. Durand / 20 Minutes

C’est le secrétaire fédéral du Parti Communiste (PCF) qui s’y colle. Aux élections régionales des 6 et 13 décembre en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Fabien Roussel sera tête de liste pour un front de gauche amputé du parti de Gauche. Il s’engage dans la campagne des régionales avec un programme ambitieux, la création banque publique régionale, et le regret de ne pas avoir pu constituer une gauche unie.

Pourquoi avoir tourné le dos à un rassemblement de toute la gauche ?
Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question. J’ai proposé de construire avec les Verts une liste à parité et de mettre à plat nos différences. Je regrette de ne pas avoir été entendu.

Quel sera votre grand thème de campagne ?
Nous avons choisi « L’Humain d’abord » comme slogan. Nous voulons montrer combien la politique d’austérité menée actuellement fait mal, alors que les richesses existent pour répondre aux besoins de la population.

Comment comptez-vous supprimer cette politique d’austérité ?
Les banques ne jouent pas le jeu. La première action sera donc de créer une banque publique régionale qui empruntera sur les marchés européens. Les taux n’ont jamais été aussi bas. Cette banque pourra ensuite prêter à taux zéro aux PME et aux collectivités territoriales. Cela permettra de relancer l’investissement.

Cette mesure risque d’endetter fortement la région…
C’est de la bonne dette. En empruntant 3 milliards, cela fait, certes, une dizaine de millions d’euros d’intérêts à rembourser. Mais pour combien de projets qui pourront être réalisés et relancer ainsi la croissance.

Quelles sont vos autres priorités ?
La région ne pourra avancer seule. L’Etat doit être garant de l’égalité de traitement des territoires en s’engageant davantage dans la santé, le transport et le logement. Notre territoire a trop longtemps été oublié. Nous serons une région rebelle et combative qui n’hésitera pas à monter à Paris pour se faire respecter.

Quel sera votre position pour le second tour ?
Il y a deux solutions. Soit la gauche fait le choix de se rassembler pour peser sur le scrutin. Soit le PS se retire sous les pressions. Si c’est le cas et que nous dépassons les 10 %, nous nous maintiendrons pour avoir des élus au conseil régional. Il n’est pas question de laisser la droite et l’extrême-droite seules pour diriger cette région.

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