Photo de groupe du conseil municipal, le 28 mars 2014. 
 
Photo de groupe du conseil municipal, le 28 mars 2014.   - M.Bosredon / 20 Minutes

Elsa Provenzano

Vendredi matin, c’était l’effervescence dans la salle du conseil, prise d’assaut par la presse locale et nationale. Les conseillers élus suite au scrutin de dimanche ont voté à bulletin secret pour désigner le maire de Bordeaux. Didier Cazabonne, doyen du conseil a présidé la séance jusqu’à ce que le maire sortant soit réélu officiellement, sous les applaudissements. Sans surprise, 52 voix ont été attribuées à Alain Juppé, 7 à la tête de liste Vincent Feltesse (PS) et 2 au candidat du Front National, Jacques Colombier.

L’enjeu de la communauté urbaine

«Je serai le maire de tous les bordelais, quelque soit leur vote de dimanche dernier. De nouvelles relations seront à mettre en place avec la métropole, une plus grande mutualisation dans le respect de chaque commune, si nous reprenons la majorité à la communauté urbaine de Bordeaux (CUB)», a déclaré Alain Juppé. L’institution communautaire pourrait basculer à droite dimanche, en fonction des résultats du second tour des élections Municipales. Un scénario qu’envisage l’actuel président de la CUB, Vincent Feltesse : «Comme vous serez vraisemblablement président de la CUB dans quelques jours, je vous demande de réfléchir à la création d’un établissement public foncier», a-t-il demandé à Alain Juppé.

L’abstention soulignée par les conseillers municipaux de gauche

Vincent Feltesse a également félicité le maire pour son « score sans appel», au premier tour, presque 61 % des suffrages. «C’est un record, sauf si on considère l’élection de 1983 à l’issue de laquelle Jacques Chaban Delmas avait été élu au premier tour, avec plus de 65 % des voix. La différence avec 1983, c’est que le taux d’abstention a progressé de plus de 50 %», a-t-il rappelé. Pierre Hurmic (Europe Ecologie les Verts) a demandé au maire de prendre acte de cette forte abstention en faisant un «effort de démocratie permanente». «C’est avec satisfaction et plaisir que je retrouve ma place. Je serai dans une opposition cohérente et claire» a commenté de son côté, le candidat frontiste.

«L’élection du maire est un moment historique dans la vie de la cité. Je suis fier d’être entré en 1977 au conseil municipal aux côtés de Jacques Chaban-Delmas comme le plus jeune adjoint, et d’être aujourd’hui le doyen, auprès d’Alain Juppé. Il s’agit d’une extraordinaire victoire, d’autant qu’il est le seul maire des grandes villes de France à avoir été élu dès le premier tour», a déclaré Didier Cazabonne. «Après les quelques dérapages verbaux de la campagne, il faut travailler dans le respect mutuel », a lancé le maire qui s’est dit «ouvert aux différentes propositions».

Le 4 avril, les adjoints seront élus par le conseil. «Vous aviez déjà proposé qu’un membre de l’opposition devienne adjoint, vous n’avez pas renouvelé cette proposition», a glissé Vincent Feltesse, lors de son discours.  La première séance « classique » du conseil se tiendra le 28 avril.