Michel François-Delannoy, maire socialiste de Tourcoing et        

  premier vice-président de la communauté urbaine de Lille, lors d'une conférence de press à Tourcoing, le  18 Janvier 2008.
Michel François-Delannoy, maire socialiste de Tourcoing et premier vice-président de la communauté urbaine de Lille, lors d'une conférence de press à Tourcoing, le 18 Janvier 2008. - AFP PHOTO PHILIPPE HUGUEN

Martine Aubry peut souffler: ce n’est pas par Tourcoing (Nord) que la communauté urbaine de Lille basculera à droite. En effet, selon le sondage Ifop pour 20 Minutes et I-Télé, le maire PS de Tourcoing, Michel-François Delannoy conserverait bien son siège le 30 mars prochain. Il sortirait vainqueur au second tour d’une triangulaire à 43%, contre 35% à l’UMP Gérald Darmanin et 22% pour le candidat FN Jean-François Bloc. «Le maire sortant est nettement en tête, c’est un cas emblématique où le contexte local peut atténuer le contexte national très défavorable», analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop, qui parle de «micro-climat» car le «maire est apprécié et bien implanté».

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Toutefois, note le sondeur, il y a «une nette érosion  de la gauche et une hausse du FN par rapport à 2008» où Michel-François Delannoy avait été élu au premier tour avec presque 54% des voix, alors que là, le socialiste n’obtiendrait que 43% des intentions de vote en ayant fait l’union à gauche, à l’exception du NPA crédité de 2%, tandis que l’UMP serait à 32% et le FN à 23%.  «Le contexte national joue beaucoup en notre défaveur lorsqu’on est solidaire du gouvernement», se défend Michel-François Delannoy qui note avec satisfaction que la droite «ne décolle pas par rapport à 2008. Un signal qu’elle n’est pas crédible». De plus, rappelle-t-il, les sondages de 2008 à la même époque ne le donnaient pas gagnant au premier tour, il reste donc «trois semaines pour travailler et convaincre davantage d’électeurs».

Le score du FN arbitrera la dynamique

Ces trois semaines, l’UMP Gérald Darmanin compte aussi dessus pour reverser la vapeur. Les résultats de ce sondage, qui ne sont qu’une indication à quelques semaines de l’échéance, sont plutôt «encourageants» par rapport à aux précédentes élections où la droite avait été éliminée au premier tour et alors que «le département, la région et l'Etat sont à gauche», rappelle-t-il. «Dix points d’écart, ce n’est pas rédhibitoire alors qu’on n’est pas tout à fait dans la dernière ligne droite. Je peux encore convaincre les abstentionnistes de voter pour moi et les gens en colère que voter FN, c’est voter PS», avance le jeune député UMP. De fait,  il juge que l’hypothèse d’une élimination du FN au premier tour est possible et qu’alors, en cas de duel, «c’est jouable» puisque «vu le rapport de force, la ville est passée à droite».

Sauf qu’à plus de 15% pour le FN, «ce n’est pas qu’un vote de protestation et cela va clairement gêner Darmanin  même s’il fait figure d’étoile montante de l’UMP», explique Frédéric Dabi. Le seul scénario qui pourrait lui être favorable serait que l’écart entre la liste PS et UMP soit de moins de dix points au premier tour et que le FN soit en deçà des 20%. Cela pourrait alimenter «un réflexe de vote utile anti-gauche». Avec des électeurs FN qui feraient consciemment le choix de voter UMP pour mettre fin au mandat du maire sortant.

Evidemment, Jean-François Bloc, qui mène la liste FN, n’y croit pas. «On fait le même score au premier et deuxième tour (23% et 22%) ce qui montre bien que c’est un vote d’adhésion, ferme et résolu», analyste-t-il. Pour lui, être présent au second tour serait déjà une victoire. D’autant qu’entre 2008 et 2014, le FN, si l’on s’en tient aux résultats du sondage, qui ne sont qu’une indication à trois semaines de l’échéance, triplerait son score. «Et encore, tous nos électeurs ne savent pas que nous axons notre campagne sur la lutte contre la pauvreté et la précarité», espère Jean-François Bloc.

Méthodologie

Ce sondage a été réalisé sur une échantillon de 603 personnes représentatif de la population de la ville de Tourcoing, âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales, grâce à la méthode des quotas après stratification par canton. Les interviews par téléphone ont été menées du 26 au 27 février.

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