Municipales 2014: NKM élue maire si et seulement si...

ELECTIONS – Le scrutin indirect dans la capitale rend très difficile une victoire de Nathalie Kosciusko-Morizet. Nos calculs et projections montrent qu'un seul scénario est favorable à la candidate UMP à la Mairie de Paris…

Alexandre Sulzer

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La candidate UMP à la Mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté mardi 5 novembre son projet pour les municipales 2014.

La candidate UMP à la Mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté mardi 5 novembre son projet pour les municipales 2014. — WITT/SIPA

Au vu du contexte national, la droite a toutes les raisons d’espérer emporter des victoires aux municipales. Mais à Paris, la situation paraît plus délicate pour Nathalie Kosciusko-Morizet. Et pas simplement à cause de sa campagne, souvent décriée par les observateurs. «20 Minutes» vous explique pourquoi…

Pourquoi le scrutin à Paris est-il aussi spécifique?

Si la candidate UMP a peu de chances de l’emporter, c’est en raison du mode de scrutin à Paris, par arrondissement. Une élection au suffrage indirect, comme celle du président des Etats-Unis via les grands électeurs élus dans chacun des 50 Etats de l’Union.  Dans la capitale, les arrondissements jouent le rôle des Etats. Mais leur poids est d’autant plus important que le scrutin prévoit une prime majoritaire au parti qui arrive en tête. Or, la droite ne détient aujourd’hui que 8 des 20 arrondissements.

Quels sont les arrondissements clés?

Seuls deux arrondissements importants en nombre de conseillers de Paris (10) peuvent, au vu de leur sociologie, basculer de gauche à droite: le 12e et le 14e où NKM se présente. Problème: le 12e a voté à 58,94% et le 14e à 60,26% en faveur de François Hollande à la présidentielle. A ces deux arrondissements-clés, s’ajoutent deux petits arrondissements (deux conseillers à gagner), qui peuvent aussi basculer de gauche à droite: le 4e (54,96% pour le candidat PS à la présidentielle et 57,93% à la législative) et le 9e (54,19% pour le PS à la présidentielle, 55,11% et 63,12% dans les deux circonscriptions le recouvrant à la législative). 

NKM gagne la Mairie de Paris si…

La droite gagne le 12e ET le 14e sans perdre d’arrondissement. Selon nos calculs (lire l’encadré), cela suffirait à remporter l’élection sur le fil avec 83 conseillers de Paris de droite contre 80 à gauche. Evidemment, si la droite rafle aussi le 4e et le 9e, elle décroche la timbale avec 87 conseillers de Paris contre 76 à gauche. Mais attention, dans ce scénario optimiste où les deux arrondissements-clés basculeraient, la seule perte du 5e par la droite suffirait à renverser le résultat et faire gagner la gauche: Il y aurait, alors, 82 conseillers de Paris de gauche contre 81 pour la droite.

NKM échoue dans sa conquête de la Mairie de Paris si…

La droite ne gagne que le 12e OU le 14e. C’est largement insuffisant. Dans ce cas, la droite serait représentée par 77 conseillers de Paris contre 86 à gauche.

La droite gagne le 12e OU le 14e mais aussi le 4e et le 9e. Même avec ces «petits» arrondissements, qui pourraient basculer, remporter un seul arrondissement-clé ne suffit pas à la droite pour conquérir Paris puisque dans ce cas de figure, la gauche l’emporte sur le fil avec 82 conseillers de Paris contre 81. Il faudrait alors que la droite fasse basculer un troisième «petit» arrondissement pour ravir la Mairie (le 2e  est dans le viseur de l’UMP mais une victoire y reste assez théorique).

La droite ne gagne aucun arrondissement. Si le rapport de force n’était pas modifié en mars, selon nos calculs, la gauche aurait 92 conseillers de Paris contre 71 pour la droite.

Pour résumer, la droite ne peut gagner que si elle remporte le 12e et le 14e arrondissement, si elle ne perd pas le 5e et si elle fait le maximum de son potentiel électoral dans les autres arrondissements. Beaucoup de «si» pour mettre Paris en bouteille UMP.

Méthodologie

Nous sommes partis de l’hypothèse où la droite ferait le maximum de son potentiel et grignoterait des sièges dans les arrondissements où cela est possible (à savoir le 3e, le 10e, le 11e, le 13e, le 15e, le 17e, le 18e, le 19e et le 20e). Par exemple, dans le 20e arrondissement, la droite remporte deux conseillers de Paris si elle fait entre 25,01% et 37,51% des suffrages exprimés au second tour (calcul établi sur la base du rapport des Cahiers de Délits  d’opinion). Au-delà de 37,51%, elle en remporte trois. C’est donc à chaque fois cette hypothèse, favorable à la droite et où le Front National n’obtient aucun élu, qui sera retenue dans l’ensemble de nos calculs.

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