Municipales 2014: Les dissidents à droite ne sont pas près de s'allier face à NKM

POLITIQUE Charles Beigbeder, les centristes dissidents et les «autonomes» peinent à s'accorder pour concurrencer les listes de Nathalie Kosciusko-Morizet...

Anne-Laëtitia Béraud

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Charles Beigbeder devant l'Hôtel de Ville de Paris, le 7 janvier 2014.

Charles Beigbeder devant l'Hôtel de Ville de Paris, le 7 janvier 2014. — MEIGNEUX/SIPA

Dur d’agréger les bonnes volontés et les ambitions personnelles pour Paris. Les candidats de droite écartés des listes de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris semblent incapables de s’accorder pour mener une alternative unie face à la candidate officielle UMP. Une femme politique accusée de bien des maux: «Il y a des choses incompréhensibles dans sa gestion des listes parisiennes. Parachutée, on voit qu’elle s’est mal préparée à Paris, qu’elle en méconnaît le b.a-ba», lance un dissident sous couvert d’anonymat, avant de nuancer: «Elle modifiera ces listes jusqu’à la dernière minute, comme cela se fait toujours à Paris. Le rapport de force peut être encore en notre faveur».

Parmi ces figures de la droite dissidente, on retrouve notamment les troupes ex-UMP de Charles Beigbeder avec «Paris libéré», les centristes UDI largement issus des rangs du Nouveau Centre d’Hervé Morin avec «Renouveau pour Paris», et, de leur côté, les candidats «autonomes» Dominique Tibéri  (5e) ou Marie-Claire Carrère-Gée (14e). Mais entre dissidents, l’ambiance semble parfois électrique. En cause, la personnalité de Charles Beigbeder, qui se présente dans le 8e. «Trop perso, trop revanchard, trop brouillon, trop flambeur, impossible de s’associer avec lui», juge un candidat de l’est parisien. Nouer des alliances dans ce contexte semble de plus en plus compliqué.

«Amertumes» de candidats de la dissidence

«Concernant un accord avec Charles Beigbeder, nous aurons une réunion entre centristes mercredi et prendrons une décision soit dans la soirée, soit jeudi», explique Valérie Sachs, conseillère UDI de Paris (16e). «On devrait fédérer nos candidatures, mais l’idée de listes communes paraît difficile à mettre en place», ajoute-t-elle. Avant de souligner: «Dans mon arrondissement, l’image de Beigbeder est compatible, mais dans les arrondissements de l’est parisien, je comprends que cela ne soit pas très porteur…». En attendant, une union semble au point mort.

Atermoiements et ambitions contrariées, plusieurs candidats ont opté pour l’aventure en solo. Alors que Dominique Tibéri ou Marie-Claire Carrère-Gée œuvrent chacun de leur côté à leur campagne, Raoul Delamare (20e), qui a débuté sa campagne à la fin de l’été, se dit «serein» après la récente «normalisation» de sa candidature, au début de l’année. «Je ne peux plus être considéré comme un dissident, car dans mon arrondissement, une liste UMP et une liste UDI, que je représente, sont autorisées par nos instances nationales», explique l’homme.

Ce qui ne l’empêche pas de regretter l’impression brouillonne donnée par cette campagne à droite, entre candidats officiels et dissidents qui donnent de la voix. «Je comprends l’amertume de certains dissidents car il y a eu des modifications diverses et variées sur les listes, des gens qui ont été baladés d’un arrondissement à l’autre, des parachutés, un MoDem [associé aux listes de NKM] qui gagne le jackpot», déplore-t-il. Une «amertume» commune qui ne semble pourtant pas fonder un front uni anti-NKM. 

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