Municipales 2014: L'UMP part à la conquête des villes moyennes

POLITIQUE L'UMP cible les villes moyennes pour la «reconquête» et le «renouvellement» de ses équipes à partir de 2014, argue son président Jean-François Copé...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-François Copé, le 8 janvier 2014 au siège de l'UMP à Paris.

Jean-François Copé, le 8 janvier 2014 au siège de l'UMP à Paris. — WITT/SIPA

Les élections municipales de mars 2013 représentent un enjeu décisif pour l’UMP, qui n’a pas gagné d’élection depuis la présidentielle de 2007. Ce mercredi devant la presse, Jean-François Copé a nationalisé l’enjeu, invitant «les Français à sanctionner dès le premier tour François Hollande», fustigeant le «matraquage fiscal de la gauche» et les «graves défaillances du gouvernement» en matière de sécurité.

Alors que «la gauche détient 54,5% des villes de plus de 9.000 habitants», le président de l’UMP cible la reconquête des municipalités de taille moyenne plutôt que les grandes métropoles qui sont presque toutes acquises à la gauche. «Ce sont les 1.000 villes de plus de 9.000 habitants que nous voulons regagner en regagnant la confiance de nos compatriotes, en recréant un réseau d’élus locaux entièrement dédiés à renouveler l’UMP qui est en train de tourner une page et entrer dans une nouvelle époque», a ainsi déclaré Jean-François Copé.

Plusieurs dizaines de municipalités visées

Parmi les villes visées dans lesquelles les candidats sont jeunes, figurent notamment Auxerre (Yonne) avec Guillaume Larrivé, Angers (Maine-et-Loire) avec Christophe Béchu, Reims (Marne) avec Arnaud Robinet, Clamart (Hauts-de-Seine) avec Jean-Didier Berger, ou encore Rochefort (Charente-Maritime) avec Hervé Blanché.

A Clamart (53.000 habitants), Jean-Didier Berger panache sujets locaux et nationaux. «Le maire actuel [Philippe Kaltenbach, le sénateur-maire PS] ne se représente pas à cause des affaires, et les sujets se concentrent sur ce climat local. Mais nous parlons aussi de problèmes nationaux, tels la fiscalité et la sécurité», explique le conseiller municipal et conseiller régional d’Ile-de-France. Quant à sa jeunesse, celui qui a fêté ses 33 printemps précise qu’«elle est un atout mais je n’en fais pas l’alpha et l’omega. Les gens attendent surtout un renouvellement, une proximité, mais aussi compétence et union des équipes candidates».

Des propos qui entrent en écho avec ceux de Jean-François Bures, 47 ans, qui mène campagne à Rouen, en Seine-Maritime. Dans cette ville de 114.000 habitants, l’éparpillement à gauche pourrait bénéficier à la droite, mais celle-ci avance également divisée, l’UMP et l’UDI n’ayant pas noué d’alliance. Pas de quoi donner des sueurs froides au candidat de «la génération montante de l’UMP», qui fait campagne sur le thème du «sang neuf et du renouveau». «Le maire actuel [Yvon Robert, PS], qui a été battu en 2001, est pourtant revenu au pouvoir alors que les Rouennais n’en voulaient pas», précise-t-il. Yvon Robert a été élu maire de Rouen en 2012, succédant à Valérie Fourneyron, nommée ministre. Quant au Front national, que Jean-François Copé redoute en appelant au «vote utile dès le premier tour des municipales», Jean-François Bures nuance: «Il n’y a pas de pression particulière à Rouen, même si d’expérience je sais que le FN n’a pas besoin de battre le terrain pour récolter des voix», ajoute celui qui a mené campagne en 2008 et 2011. 

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