Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), candidate UMP à la Mairie de Paris, le 8 octobre 2013.
Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), candidate UMP à la Mairie de Paris, le 8 octobre 2013. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Alors que la campagne est secouée par des scandales à répétition sur la présence d’élus dans des logements sociaux, NKM dévoile sa vision du logement social.

Vous venez de signer un accord avec l’UDI et le MoDem pour qui le logement était la priorité. Etes-vous sur la même longueur d’onde?

Oui, c’est l’un des sujets de convergence très fort que nous avons avec Christian Saint-Etienne [UDI] et Marielle de Sarnez [MoDem]. Les classes moyennes doivent pouvoir vivre et travailler à Paris. C'est de moins en moins le cas. Nous respecterons l’objectif légal du logement social mais pas au-delà, pour donner la priorité au logement intermédiaire.

Vous opposez logement social et logement pour les classes moyennes. Mais un foyer peut postuler à un logement social jusqu’à 7.000 euros de revenus mensuels…

Oui, mais c'est théorique. Ce n’est pas la réalité des attributions. Et celles ci donnent toujours lieu à suspicion de favoritisme. Pour en sortir, je propose la révolution de la transparence et de l’équité avec l’instauration d’un jury citoyen dans chaque arrondissement, sélectionné par tirage au sort, pour une durée d’un an. Les jurés, anonymes, feront la présélection des dossiers avant de les transmettre aux commissions d’attribution. Aujourd’hui, c’est la mairie centrale qui présélectionne trois dossiers par appartement en amont des commissions d’attribution. Le système est porteur d’opacité. Je souhaite aussi que les critères d’attribution fassent une meilleure place au travail et à l’intérêt général. Par exemple, les enseignants, les infirmières ou les policiers ont les plus grandes difficultés pour se loger à Paris. Or, il y a une utilité sociale à ce qu’ils vivent à proximité de leur travail.

N’y-a-t-il pas un risque que les personnes sans emploi soient exclues du logement social?

Quand on prétend avoir toutes les priorités, on n’en a aucune. Ces critères ne seront pas exclusifs, je souhaite simplement qu’ils soient mieux mis en avant.

Anne Hidalgo assure qu’un tiers des nouveaux logements sont déjà réservés à la classe moyenne…

L’actuelle municipalité a dépensé un milliard d’euros sur deux mandatures à préempter des logements, notamment ceux destinés aux classes moyennes, pour en faire des logements sociaux. Ils font le contraire de ce qu'ils disent.

Les conseillers de Paris doivent-ils avoir accès au logement social?

Les attributions gangrènent la vie politique parisienne depuis plus de vingt ans. Ca a  été le cas du temps de la droite. La gauche n’a rien fait pour améliorer la donne comme le prouve le fait que cinq adjoints de la municipalité actuelle résident dans un logement social. Un conseiller de Paris ne peut pas être en logement social dans un contexte où il y a près de 140000 demandeurs de logements sociaux! Les candidats sur mes listes dans une position très favorable devront quitter leur logement social avant le dépôt des listes. C’est le cas de Jean-Jacques Giannesini [tête de liste dans le 19e] qui a déjà envoyé son préavis. Ceux qui sont sur des positions que l’on espère gagner mais qui ne sont pas acquises aujourd'hui prendront un engagement à quitter le logement en cas d'élection via un préavis qui sera rendu public. Il est légitime que chacun, y compris dans des conditions sociales pas faciles, puisse être candidat. Mais à partir du moment où on a un mandat, la situation est changée.

Anne Hidalgo propose de mettre en ligne tous les logements sociaux disponibles pour que les Parisiens puissent y postuler directement. Qu’en pensez-vous?

Le problème, ce n’est pas de savoir quels sont les logements disponibles mais de savoir comment sont sélectionnées les personnes qui accèderont à ces logements. Qu’est-ce que cela apporte de savoir qu’il y a un logement disponible à tel endroit si vous n’avez aucune visibilité sur le mode de sélection?

Aujourd’hui, certains arrondissements sont clairement déficitaires en logements sociaux. Vous engagez-vous sur un taux minimal dans chaque arrondissement?

La loi doit être respectée au niveau global de Paris. Par ailleurs il faut rechercher un maximum d’équilibre. Le déséquilibre existe dans les deux sens. Dans certains quartiers, il y a jusqu’à 95% de logements sociaux! Il faut tendre à équilibrer mais pas au prix de préemptions absurdes. Par exemple, avenue Georges V, un immeuble a été préempté 21 millions d’euros pour en faire 26 logements sociaux, à une station de métro de la première boulangerie. Or, pendant qu'on dépense des fortunes pour de telles aberrations, le reste des logements sociaux se dégrade, et la ville ne tient pas ses objectifs de rénovation. Je réutiliserai l’argent de la préemption au profit de la classe moyenne en faisant des logements intermédiaires et au profit de la maintenance des logements sociaux. Logement social ne doit pas vouloir dire logement indigne.

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