Barroso veut être reconduit sans délai

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Publié le 10 juin 2009.

EUROPE - L'actuel président de la Commission ne veut pas attendre l'éventuelle entrée en vigueur du traité de Lisbonne et demande à être nommé sans délai...

José Manuel Barroso n’aura pas traîné. Invité lundi par la droite européenne à se déclarer candidat à sa propre succession, le président de la Commission estime que l’Europe doit faire son choix sans délai. Rien ne presse pourtant, le mandat de José Manuel Barroso ne s’achèvera qu’en novembre. Mais pourquoi tant d'empressement?

«C’est au Conseil et au Parlement européens de décider sur la base du traité», explique le président sortant. Or, ajoute-t-il, «le traité qui est en vigueur maintenant, c’est le traité de Nice». Et non celui de Lisbonne, son successeur, qui change considérablement la donne. Selon le traité de Nice, comme le souhaite Barroso, le nouveau président de la Commission doit être choisi lors du sommet européen des chefs d’Etat de jeudi et vendredi prochains. Ce choix sera ensuite soumis au vote du Parlement européen issu des élections de dimanche. L’actuelle présidence tchèque de l’Union et la Suède qui va lui succéder en juillet, sont pour.

D’autres se montrent dubitatifs, voire réticents devant l'empressement de Barroso. L’Allemagne et la France notamment préféreraient attendre l’éventuelle entrée en vigueur du traité de Lisbonne pour aller de l’avant. Or, un nouveau référendum sur la question constitutionnelle doit avoir lieu en octobre en Irlande. Il serait malvenu, aux yeux de Berlin, de boucler la nomination du président de la Commission sans avoir attendu la réponse définitive des Irlandais au traité de Lisbonne. Traité qui modifie le mode de désignation du président de la Commission en laissant une part de décision plus importante au Parlement européen qu'aux 27 chefs d'Etats.

La France préférerait attendre

Nicolas Sarkozy avance un autre argument lorsqu’il invoque la nécessité d’attendre les autres nominations européennes importantes prévues par le traité de Lisbonne. Celui-ci prévoit notamment la fin de la présidence tournante, avec la nomination d’un chef  stable à la tête de l’Union européenne. Le traité prévoit également une fonction de Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères.

Nombreux sont ceux à voir le positionnement français et allemand d’un autre œil. Selon certains, Paris mettrait la pression sur l’actuel président de la Commission pour pouvoir négocier avec lui un portefeuille d’importance au sein de la future Commission. La France lorgnerait ainsi sur le poste de Commissaire européen en charge du marché intérieur et des services actuellement occupés par l’Irlandais Charlie McCreevy. L’Allemagne n’échappe pas aux critiques. Angela Merkel préférerait que la nomination du président de la Commission soit reporté pour des raisons purement nationales. Les élections législatives allemandes ayant lieu fin septembre, un report lui permettrait de tenir compte des résultats des législatives pour le choix du commissaire allemand.

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