Le candidat à l'investitude républicaine, Ron Paul, le 28 octobre 2011.
Le candidat à l'investitude républicaine, Ron Paul, le 28 octobre 2011. - C.SENTER/AP/SIPA

De notre correspondant à Los Angeles

Et si Ron Paul créait la surprise? Le candidat, poil à gratter du parti républicain, n'est qu'en 3e position des intentions de vote au niveau national. Mais grâce à une machine de terrain bien rodée, il pointe désormais en tête dans l'Iowa, où se tiendra le premier caucus des primaires, le 3 janvier. Un bon résultat pourrait entraîner une dynamique positive, selon les experts. Sans doute pas jusqu'au point d'inquiéter Mitt Romney, mais le vieux briscard (76 ans) pourrait jouer les faiseurs de roi, voire envisager une candidature en mode 3e homme, à la Ralph Nader –une idée qui terrorise les cadres républicains. Qui est vraiment Ron Paul? Quelles idées défend ce «libertarien»? Le point.

Un candidat en marge du parti républicain

A 76 ans, Ron Paul est candidat à l'investiture de son parti pour la troisième fois. S'il est bien inscrit comme républicain, l'ancien gynécologue-obstétricien est un animal à part: en 2008, il n'avait pas été invité à la convention républicaine et avait refusé de soutenir officiellement John McCain.

Un «libertarien», c'est quoi?

Ron Paul définit sa doctrine par un principe fondamental: la liberté individuelle des citoyens est plus importante que tout, et rien ne doit l'entraver. Il milite donc en faveur d'un gouvernement minimal, dont le rôle se limite strictement à celui prévu par la constitution, et d'un marché libre et totalement dérégulé. Il combat les hausses d'impôts, vote non à tous les projets de loi entraînant un déséquilibre du budget (d'où son surnom «Docteur no») et rejette tout interventionnisme en matière de politique étrangère. Par certains côtés, le Tea Party embrasse cette philosophie. Mais ce dernier agit avant tout par un rejet des politiques existantes, tandis que la doctrine de Paul est beaucoup plus réfléchie (il a écrit plusieurs livres sur l'école autrichienne d'économie).

Deux extrêmes

Il est difficile de placer Paul sur l'échiquier politique. La plupart des ses positions sont plus conservatrices que le plus conservateur des républicains, ou plus libérales que le plus libéral des démocrates, selon les domaines.

  • En économie, Paul ferait passer Reagan pour un communiste. Il veut même se débarrasser de la Réserve fédérale, qui «entrave» le libre échange et est, selon lui, en partie responsable de la crise et de l'hyperinflation de ces dernières années. Il ne veut pas complètement revenir à l'étalon or mais milite pour l'introduction d'une dose de monnaie non fiduciaire indexée sur la valeur de matières premières.
  • En politique étrangère, ses idées font bondir les faucons républicains. Il a voté non aux guerres d'Irak et d'Afghanistan, veut ramener tous les soldats américains stationnés à l'étranger, couper l'aide à tous les pays, y compris à Israël. Il souhaite également que les Etats-Unis se retirent de l'ONU et l'Otan.
  • Sur les valeurs, c'est aussi le grand écart. Il considère que le réchauffement climatique causé par l'homme est un «hoax» (bidon) mais milite pour que les pollueurs soient poursuivis en justice. Il est contre la peine de mort mais, lui qui a mis au monde «4.000 bébés», comme il le répète souvent, est anti-avortement. Quid de la liberté de choix des femmes? Il dit défendre les droits du fœtus, car pour ce baptiste, la vie commence «dès la fécondation». Il considère que l'évolution n'est «qu'une théorie» à laquelle il «n'adhère pas».

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