C’est la rançon du succès: le développement à grande vitesse des sites d’achats groupés comme Groupon, Kgbdeals ou iGraal a attiré l’attention des services de la DGCCRF. En 2012, leur contrôle fait même partie des trois axes prioritaires annoncés le 14 février dernier par leur ministre de tutelle, Frédéric Lefebvre.
Avalanche de plaintes à l’UFC-Que Choisir
«Une procédure judiciaire est en cours à laquelle nous nous sommes joints en tant que partie civile», explique même Grégoire Kopp, juriste concurrence et technologie à l’UFC- Que Choisir.
L’association a décidé de franchir le pas, face à l’énorme «succès» de son appel à témoin: du 15 décembre au 15 janvier dernier, plus de 300 messages de consommateurs ou de prestataires lésés lui ont été adressés!
«Ce nouveau système de vente est une bonne idée mais il cause beaucoup plus de problèmes qu’il en a l’air; tous les types de dysfonctionnements et tous les sites sont concernés», assure Grégoire Kopp.
Des prestataires et commerçants sous pression
Côté professionnels, certains prestataires se plaignent de ne pas pouvoir négocier la durée ou le montant des ristournes avec les équipes commerciales des sites d’achats groupés. Face à l’avalanche de commandes, certains sont parfois dans l’incapacité matérielle de répondre. «Dans ce cas, les produits ne sont pas livrés, mais les sites reproposent quand même le deal», souligne l’UFC-Que Choisir.
Du coup, certaines offres affichent des prix surévalués et donc de fausses ristournes. «On ne sait pas qui du prestataire ou du site a menti à l’autre mais on a noté par exemple une excursion en montgolfière annoncée à un prix initial de 90 euros, alors que sur le site du prestataire elle était vendue à 50 euros», raconte Grégoire Kopp.
Des consommateurs déçus qui peinent à se faire entendre
Côté consommateurs, les griefs sont également nombreux. Les cas de contrefaçons, notamment sur des produits Apple, comme l’iPad ou iPhone, ne sont pas rares.
Les problèmes de livraison pour les achats d’objets sont eux légion, avec des délais qui explosent. «On soupçonne certains prestataires peu scrupuleux d’attendre de recevoir toutes leurs commandes pour appeler leur fournisseur en Chine, et il peut y avoir deux à trois mois d’attente», explique le juriste de l’UFC. Des pratiques qui ont posé de gros problèmes à Noël.
Enfin, un sujet de mécontentement récurrent porte sur l’inadéquation entre ce qui est vendu et le produit ou la prestation reçue. «Quand un site propose un deal à -60% sur un menu à 75 euros, le client doit recevoir les mêmes plats dans le même ordre. Or, il n’est pas rare qu’il y ait des menus spécifiques sans que cela ait été précisé et on perd alors l’esprit même de l’offre», souligne Grégoire Kopp, qui cite notamment un restaurant où «les sushis étaient deux fois plus petits que pour les clients qui payaient plein pot!»
Or, face à ces problèmes, l’UFC-Que Choisir précise que les internautes sont particulièrement démunis pour contacter les services après-vente: ceux des sites sont souvent injoignables et leurs réponses floues, tandis que chez les prestataires, certains n’hésitent pas à utiliser des numéros surtaxés!