Trente postes vont être créés dans les douze universités tests.
Trente postes vont être créés dans les douze universités tests. - Valinco/Sipa

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 32 milliards d’euros du marché global de la formation professionnelle, l’université ne pèse que 382 millions, soit presque rien... Pour développer la filière, Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, a rendu publiques les douze universités retenues pour expérimenter une nouvelle façon de faire de la formation continue à la faculté. Avec comme objectif pour 2020: 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires.

Un parcours hétéroclite

Un chantier qui tend à pousser les universités dans un cycle marchand. «Nous conservons nos prérogatives de service public, mais, nous allons devoir revoir notre copie. Nous intéresser aux stages courts par exemple», explique Alain Gonzalez, président du réseau Formation continue à l’université (FCU) et directeur de la formation continue à l’université Pierre-et-Marie-Curie.

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Cependant, pour Anne Aubert, chef de projet pour le développement de la formation tout au long de la vie dans le supérieur au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, «ne nous trompons pas de combat. La société attend de l’université qu’elle aide les salariés à monter en compétences car les métiers évoluent très rapidement. Et nos enseignants-chercheurs savent comment porter l’innovation, indispensable au développement économique des sociétés».

Plaire au plus grand nombre

Afin d’enclencher ce cercle vertueux, le secrétaire d’etat a attribué à ces douze universités pionnières une enveloppe de trente postes. Pour les stagiaires, cette expérimentation pourrait, par exemple, déboucher sur la création de parcours de formation hybrides, mixant présentiel et e-learning. «La validation des acquis de l’expérience (VAE) deviendrait, ainsi, le point d’entrée de toute demande de formation continue avant d’évoluer vers une certification», illustre Alain Gonzalez.

Outre les salariés, reste à séduire les financeurs: les Opca (organismes paritaires collecteurs agréés) et employeurs. «Aujourd’hui, l’université produit des connaissances génériques faiblement contextualisées pour les entreprises. La voie de la réussite est donc étroite. A moins qu’elles n’adaptent leur système de certification», commente Marc Dennery, directeur associé de C-Campus. Un second groupe d’établissements sera soutenu en 2017.

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