Jérôme Adam, ce créatif en met plein les yeux

Rédaction 20 Minutes

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Oser et prendre des risques, tel est le credo de ce chef d’entreprise.

Oser et prendre des risques, tel est le credo de ce chef d’entreprise. — www.jeromeadam.com

PORTRAIT - L’entrepreneur non-voyant, Jérôme Adam, a déjà fondé, à 37 ans, trois sociétés.

«Perte de la vue en 1992, suite à une tumeur au cerveau et premiers essais en ski nautique.» Si la vérité est dans les détails, la façon dont Jérôme Adam résume l’année de ses 15 ans sur son CV en dit long sur sa personnalité. Celle d’un homme pragmatique, mais fait pour tenter des choses. Ce qui se vérifie facilement: en dix ans, ce natif de Reims a enchaîné les créations d’entreprises.

Un sens de l’observation

En 2000, tout commence avec Visual Friendly, spécialisée en ergonomie et accessibilité des nouvelles technologies, qu’il a fondé avec trois associés. En 2005, place à EasyLife conseils, pour développer des solutions simplifiant le quotidien auprès des entreprises et des institutions. Mais si Jérôme est non-voyant, il a cependant une vraie capacité à observer le monde. «L’idée de base d’EasyLife, c’était de reprendre la logique qui a permis la création de la télécommande. A savoir qu’au départ, c’est un objet pensé pour les tétraplégiques et il est possible de faire ça de plein d’autres façons.»

La frustration est pourtant là, car «chaque fois que j’ai voulu créer une boîte qui s’adresse à tous les publics, les circonstances m’ont toujours ramenées vers les personnes en situation de handicap. Je me suis donc dit que quitte à me mettre dans une case, autant faire les choses à fond».

En 2010, il crée ainsi avec Guillaume Buffet «J’en crois pas mes yeux», une société qui produit les premières webséries mêlant humour et handicap. «Depuis 2000, j’ai vécu toutes sortes de situations cocasses et les mettre en scène, c’est communiquer plus facilement sur le sujet.» Le principe a fait mouche, les entreprises adorent et les salariés aussi. «Dans notre prochaine série, nous parlons du handicap mais aussi des rapports hommes-femmes et des différences culturelles. L’idée est de créer du lien autour des spécificités plutôt que d’opposer.»

Innover et développer

C’est dans cette logique qu’il a co-écrit un livre intitulé «Entreprendre avec sa différence» et qu’il anime des conférences. Le but n’est pas de donner des conseils sur la situation de travailleur handicapé, mais d’expliquer comment utiliser sa situation comme moteur de la créativité. «Ce qui compte dans un projet, c’est une idée, sa pertinence et l’équipe qui la développe», rappelle-t-il. Un principe qui marche!

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Nicolas Robert

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