Rassurée par la BCE, la Bourse de Paris se tourne vers la Fed et les juges allemands

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Publié le 9 septembre 2012.

La Bourse de Paris, rassurée par le soutien de la BCE à la zone euro, compte sur un feu vert de la Cour constitutionnelle allemande au futur fonds de secours européen et des mesures de relance de la Réserve fédérale américaine pour tenir le cap la semaine prochaine.

Au cours de la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a gagné 3,11% pour terminer vendredi à 3.519,05 points. Ses gains atteignent 11,37% depuis le 1er janvier.

"La semaine peut être résumée en trois lettres: BCE. Son président Mario Draghi a répondu aux attentes fortes des investisseurs tout en restant déterminé à ne pas outrepasser le mandat de son institut", relève Valérie Plagnol, directrice des études économiques chez Credit Suisse.

M. Draghi a dévoilé jeudi un nouveau programme de rachats d'obligations souveraines sur le marché secondaire, là où s'échange la dette déjà émise par les Etats. Ces rachats concerneront les titres de maturité allant de un à trois ans.

Pour Olivier Raingeard, chef économiste de la banque Neuflize OBC, l'institut monétaire "est allé loin en renonçant à son statut de créancier privilégié, un très bon signal pour les investisseurs".

En même temps, "il n'a pas signé de chèque en blanc aux Etats et posé de strictes conditions à d'éventuels rachats de dette", se félicite l'analyste.

L'institut de Francfort interviendra seulement si un pays fait au préalable appel aux fonds de secours de l'union monétaire (Fonds européen de stabilité financière puis Mécanisme européen de stabilité) et suspendra son programme si un pays cesse de respecter ses engagements.

"Tous les regards se tournent vers l'Espagne. Le pays doit au plus vite se prononcer sur une éventuelle demande d'aide financière globale pour que le marché ait encore plus de visibilité", estime Mme Plagnol.

L'agenda de la semaine prochaine est encore très chargé. En zone euro, tous les regards des investisseurs convergent vers la Cour constitutionnelle allemande qui va se prononcer mercredi sur la validité du MES.

Un niet allemand catastrophique

"On s'attend à un accord, mais on ne sera soulagé qu'une fois qu'on l'aura obtenu. N'oublions pas que la réticence de l'Allemagne reste très forte. Un refus serait catastrophique car il mettrait en péril la construction actuelle du pare-feu européen", avertit Isabelle Enos, directrice-adjointe de la gestion chez B Capital.

Mercredi également, les élections législatives aux Pays-Bas seront aussi suivies de près par les opérateurs qui craignent qu'une éventuelle progression des eurosceptiques ne complique encore davantage la prise de décision au sein de la zone euro.

Outre-Atlantique, le point d'orgue sera la réunion du comité monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), les 12 et 13 septembre, les investisseurs restant à l'affût d'éventuelles nouvelles mesures de relance de l'économie.

"Les statistiques américaines de la semaine sont mitigées et vont plutôt dans le sens d'un statu quo", estime Mme Plagnol.

En août, l'activité industrielle s'est contractée aux Etats-Unis, mais celle dans les services a accéléré sa progression. Sur le front de l'emploi, le taux de chômage est retombé à 8,1% après trois mois de hausse, mais les embauches dans le pays ont fortement baissé.

Même si elle n'annonce pas de nouveau programme d'assouplissement monétaire, "la Fed a plusieurs autres cartes en main", souligne M. Raingeard. "Elle peut notamment décider de maintenir son taux directeur exceptionnellement bas au-delà de l'échéance prévue jusqu'ici de 2014".

Les indicateurs sur les prix publiés des deux côtés de l'Atlantique seront aussi surveillés. "Les investisseurs veulent savoir si l'inflation risque de repartir vu les politiques accommodantes des différentes banques centrales et la flambée des prix agricoles et du pétrole", souligne Mme Enos.

Euronext (CAC 40)
© 2012 AFP
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