Les grandes entreprises ne sont plus épargnées par la crise

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Publié le 10 août 2012.

ECONOMIE - Les bénéfices des entreprises du CAC 40 sont en baisse de 15% depuis janvier...

Les fleurons de l’économie française sont de plus en plus rattrapés par la crise. Alors que les entreprises du CAC 40 avaient engrangé 73 milliards d’euros de bénéfices l’an dernier, déjà en repli de 10% par rapport à 2010, au premier semestre 2012, elles enregistrent une baisse de 15% comparé aux six premiers mois de 2011. «Elles ne peuvent pas évoluer en dehors du contexte général», explique Isabelle Enos, directrice adjointe de gestion chez B*capital, spécialiste du conseil en bourse. Malgré tout, ces publications n’ont pas fait trembler les marchés. Depuis un mois, l’indice phare de la Bourse de Paris a pris près de 8% et même 14% depuis début juin avec les 3.500 points en ligne de mire.

«Pas à rougir de leurs performances»

Sur les trois quarts des groupes du CAC à avoir dévoilé leurs résultats semestriels, le solde étant attendu à la fin août, «les écarts par rapport aux attentes ont été faibles. Ils n’ont pas à rougir de leurs performances», note Isabelle Enos. Il y a même eu de bonnes surprises comme Sanofi qui a engrangé un résultat courant de 1,94 milliard d'euros, malgré la perte d'exclusivité de ses grands médicaments vedettes. Seuls deux groupes pour l’instant ont fini dans le rouge: STMicroelectronics avec une perte de 225 millions d’euros contre 819 millions d’euros pour PSA.

Cette moisson de publications a renforcé la ligne de fracture entre les entreprises en forte croissance, tournées vers les émergents et celles dont l’activité est très concentrée dans la zone euro. «Il y a clairement un marché à deux vitesses», constate Isabelle Enos. Ainsi, le secteur du luxe a une nouvelle fois défié les lois de la récession qui frappe le vieux continent. Le géant mondial du luxe LVMH (Louis Vuitton, Bulgari, Céline…), tiré par l’Asie notamment, a dévoilé un bond de 28% de son bénéfice net au premier semestre à 1,68 milliard d'euros, qui permet au groupe d'aborder la deuxième partie de l'année «avec confiance».

Porté par la progression de 30,7% des ventes de son pole luxe (Yves Saint Laurent, Gucci et Boucheron), PPR a vu, pour sa part, son bénéfice net croître de 5,9% à 476,9 millions d'euros. Ces groupes affichent de belles performances y compris en zone euro grâce à l’afflux de touristes notamment chinois, prêts à casser leur tirelire pour s’offrir du chic «Made In France», symbole de réussite, décrypte Isabelle Enos.

L’agroalimentaire n’est pas en reste comme le prouve la belle santé de Danone. Son rival suisse, Nestlé, a même pulvérisé les attentes grâce à l’Asie, mais aussi l’Afrique. Pernod-Ricard (40% des ventes dans les émergents) qui doit publier ses chiffres le 30 août, est au zénith avec un titre en hausse de 22% depuis le début de l’année.

Un marché à deux vitesses

A l’inverse, d’autres subissent de plein fouet la contraction de l’économie française et celle de nos voisins. PSA n’est qu’un exemple parmi d’autres. Carrefour doit faire face au recul de ses parts de marché dans l’Hexagone et aux difficultés de la conjoncture en Espagne où il est très présent. France Telecom a enregistré une chute de 10,6% de son bénéfice net à 1,73 milliard d’euros après avoir, entre autre, perdu 615.000 clients mobiles sur les trois premiers mois suite à l’arrivée de Free dans le secteur. Si l’opérateur historique voit son titre perdre 8% depuis janvier, celui d’Iliad, la maison-mère du trublion de la téléphonie, qui rêve de rentrer dans le CAC 40, progresse de 20%. Car si en temps de crise, le luxe fait un carton, le low-cost aussi.

Tous secteurs confondus, la seconde partie de l’année s’annonce périlleuse. Alors que la croissance mondiale tousse, les dirigeants sont d’une extrême prudence. «L’absence de visibilité les amène à reporter des projets et à sabrer dans les coûts», souligne Isabelle Enos. Les syndicats craignent 1.500 à 2.000 suppressions d’emploi chez Sanofi. Chez Bouygues Télécom 556 vont passer à la trappe et possiblement 800 chez SFR, filiale de Vivendi. Sans parler d’Air France, listé sur l’indice SBF 120, où 5.122 postes vont écoper d’ici la fin 2013

Mathieu Bruckmüller
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