Les marchés attendent une solution durable sans croire au miracle

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Publié le 14 juin 2012.

BOURSE - Les taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie se sont envolés ces derniers jours, sur le marché obligataire...

Peu convaincus par le plan d'aide aux banques espagnoles, les marchés financiers redoutent toujours le pire en zone euro, dont une sortie de la Grèce, dans l'attente de remèdes de longue haleine qui passeront obligatoirement par une Europe plus soudée, selon des analystes.

Signe des tensions à l'oeuvre en zone euro, les taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie se sont envolés ces derniers jours, sur le marché obligataire, où s'échange la dette déjà émise.

"Plus personne ne croit aux solutions de court terme. Les marchés comprennent que dans un contexte économique dégradé, il va être difficile de réduire le déficit et la dette", explique René Defossez, économiste chez Natixis.

C'est ce qui explique que les marchés n'ont pas été rassurés par le plan européen de 100 milliards d'euros pour aider les banques espagnoles.

Pire, l'Italie est à nouveau dans le ligne de mire des marchés, alors même que la zone euro n'aura pas les capacités financières de sauver le pays en cas d'aggravation de la situation.

C'est dans ce contexte que se tiennent dimanche les élections en Grèce, un scrutin à haut risque qui conditionne en partie l'avenir du pays et de l'Union monétaire.

"Le résultat peut contraindre l'Europe à intervenir plus rapidement, sans compter de possibles mesures des banques centrales en cas de fort stress", indique Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse, qui rappelle que la Banque centrale européenne (BCE) a gardé des cartouches en réserve.

Reste que les risques de déstabilisation de l'ensemble de la zone euro commencent à peser sur les taux d'emprunt des pays solides, y compris l'Allemagne, qui se sont fortement tendus mardi.

Autrement dit, les investisseurs se disent que si la crise s'aggrave, même les Allemands ne seront pas épargnés.

"Pour le marché, c'est le signe que l'environnement change en zone euro. Soit on s'unit soit ça explose", selon M. Defossez.

Pour l'Europe, c'est "quitte ou double", renchérit dans une note Bruno Cavalier, économiste chez Oddo Securities

Selon lui, "le sentiment de fatigue qui prédomine chez les investisseurs traduit cette impuissance des chefs d'Etat et de gouvernement à concilier les actions d'urgence (...) avec les principes d'actions à moyen terme".

Il n'en oublie pas toutefois une certaine "schizophrénie" des marchés dont les attentes sont souvent contradictoires, notamment entre demande de rigueur et de croissance.

Mais les analystes sont d'accord pour dire qu'au-delà de la Grèce ou des mesures de soutien temporaires des banques centrales qui peuvent soulager l'Europe, les marchés sont dans l'attente de solutions durables qui seules pourraient lever les doutes sur la viabilité de la zone euro.

Les investisseurs devraient en savoir plus dans quelques jours, avec dans un premier temps un G20 avant un très attendu somment européen à la fin du mois.

"Une réponse du jour au lendemain à la crise semble impossible à mettre en place mais on attend de ce sommet un pas vers plus de fédéralisme", souligne M. Murail.

M. Cavalier rappelle que beaucoup de choses se mettent en place, comme les fonds de secours (FESF, MES), les discussions sur l'union bancaire et une plus grande intégration budgétaire.

Il reste que "le principal point d'achoppement est celui du partage et du transfert de souveraineté", donc un problème politique, selon lui.

"Le problème est que l'euro a été mal conçu par nos gouvernements. Les problèmes de fond ne peuvent être résolus que par l'acceptation d'une intégration politique et budgétaire", prévient M. Defossez.

© 2012 AFP
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