«Le marché actions a perdu ses lettres de noblesse et il est idéaliste de croire aujourd’hui à un marché haussier, fait-on remarquer du côté de Dexia Asset Management (AM). Tout ne va se réparer en un week-end». Pour Dexia AM, les règles sont simples: les politiques – car nous sommes dans une «économie politique» – doivent créer une feuille de route, notamment après les sommets, et un agenda. Ils devront ensuite générer une tendance pour alimenter cette feuille de route. «Les politiques doivent être en avance sur les marchés afin d’éviter que le CAC 40 subisse des sursauts de +3 à -3 points dans la même journée».
Capitaliser sur les points positifs de 2011
«Le marché parisien a plutôt bien résisté», fait remarquer Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement chez Carmignac Gestion. Ce qui fait dire à de nombreux gérants qu’il existe des raisons d'espérer. Même si un risque de récession se profile, le marché boursier peut faire preuve d'une résistance inattendue.
Didier Saint-Georges s'attend notamment à une baisse de l'euro, susceptible de doper les entreprises à l'exportation, et à un rebond des économies émergentes.
En outre, il faut noter la bonne situation des entreprises françaises qui sont, dans l'ensemble, faiblement endettées, et qui ont réussi à restaurer leur marge. Elles pourraient ainsi absorber une partie du choc sans trop de difficulté.
Mais l'interrogation principale reste le secteur bancaire et sa capacité à continuer à prêter aux entreprises. Une fois de plus, les regards risquent de converger vers Francfort et la BCE.
Outre-Atlantique, on ne croit pas à une récession
Pour la Bourse de New York, l’objectif est déjà de bien finir l’année. Elle espère que la trêve de ces derniers jours sur le front de la crise européenne va durer entre Noël et le jour de l'An, pour pouvoir s'appuyer sur des indicateurs économiques plutôt encourageants aux Etats-Unis et finir l'année sur une note positive.
«La tonalité du marché est très positive», résume Hugh Johnson, de Hugh Johnson Advisors, pour qui la place new-yorkaise a «l'élan» nécessaire pour poursuivre sur sa lancée.
Le Dow Jones et le S&P 500 affichent étonnement une évolution positive sur l'année, à contre-courant de la quasi totalité des grands indices boursiers de la planète. «Cela redonne confiance, quand on voit par où on est passés cette année, estime Gregori Volokhine, de Meeschaert Capital Markets. On a l'impression que les choses ne vont pas si mal comparé à d'autres pays.»
L’Atlantique les sépare mais le destin de leurs Bourses est très lié
«Il y a des signes qui montrent que la situation commence à se stabiliser en Europe. La deuxième chose, c'est que les statistiques économiques, surtout celles qui donnent une idée de l'évolution à venir, sont bonnes et nous disent qu'une récession n'est pas en vue», observe Hugh Johnson, de Hugh Johnson Advisors.
Le marché américain reste toutefois vulnérable à l'actualité européenne. «Si les agences de notation abaissent les notes de pays importants, cela ne sera pas bien reçu. En l'absence de ce genre de mauvaise nouvelle, le marché devrait être bien orienté, mais emmené par des titres relativement défensifs, c'est-à-dire les plus sûrs car les moins sensibles à la conjoncture économique», avance Gregori Volokhine.
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