Pour la Bourse, oublier 2011, «annus horribilis»

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Publié le 26 décembre 2011.

RETROSPECTIVE 2011 - Lundi 26 décembre, le CAC 40 prolonge les fêtes et ne reprendra son activité que mardi. Histoire de reprendre son souffle avant d'affronter 2012, annoncée comme une année à nouveau instable...

2011 a été catastrophique. Mais 2012 ne donne pas de quoi se réjouir et pourrait même faire regretter rapidement 2011.  Entre le 1er janvier et le 23 décembre de cette année, l'indice CAC 40 a lâché 18,47% soit 702,69 points pour revenir à 3.102,09 points. En 2010, le marché avait déjà fléchi de 3,34%. Ainsi, avec près de 20%  de chute cette année, le CAC 40 a été affecté pour la deuxième année consécutive par la crise de la dette en zone euro, et l'année 2012 s'annonce encore à hauts risques. Et aucune place financière n'a jusqu’à présent été véritablement épargnée, même les Bourses des pays émergents y ont perdu des plumes.

Les investisseurs à long terme fuient, les politiques aux commandes

Deux faits ont marqué cette année boursière qui se termine à bout de souffle: la disparition de la confiance chez les investisseurs et la toute-puissance de la politique sur l'évolution des marchés.

Face à cette situation inédite, les boursiers ont fustigé à tour de rôle les responsables européens pour leur incapacité à juguler la crise de la dette, la Banque centrale européenne (BCE) pour sa timidité à intervenir sur les marchés, l'Allemagne pour son inflexibilité, la Grèce pour sa légèreté et ainsi de suite.

«Nous sommes entrés dans une nouvelle période et le modèle économique de la décennie 2000, basé sur l'endettement généralisé, est révolu», explique Franck Nicolas, directeur chez Natixis Asset Management.

2011, annus horribilis: de Fukushima au triple A

Il faudra aller vite car le marché ne peut pas continuer à fonctionner avec de tels à-coups, jouant à quitte ou double avant chaque réunion à Bruxelles (prochain test fin janvier) et soumis aux diktats des agences de notation. Cela est d'autant plus urgent qu'un ralentissement économique significatif se profile.

Premières victimes de cette année 2011, qualifiée par la société de Bourse Oddo d'«annus horribilis», les valeurs bancaires. Reflétant les doutes sur la solvabilité des Etats, elles ont perdu entre 40 et 60% de leur valeur.

Dès janvier 2011, la Bourse a été secouée par le printemps arabe qui a fait craindre une envolée des cours du pétrole et des matières premières. En mars, l'explosion de la centrale japonaise de Fukushima a marqué le début des craintes de ralentissement économique mondial. Au début de l'été, la crise de la dette a précipité les inquiétudes sur la solvabilité de plusieurs pays de la zone euro et les titres des grandes banques ont chuté. En août l'abaissement de la note de la dette américaine a mondialisé la crise de la dette et le ralentissement économique est devenu plus significatif. A l'automne, les craintes d'une explosion de la zone euro se sont accentuées et les politiques d'austérité de plusieurs gouvernements européens ont achevé de déprimer les investisseurs. A cela se sont ajoutées les menaces de dégradation de note de la France par les agences de notation. Pour parfaire le tout, le flou le plus total règne à tous les étages et la prise de risque est devenue une denrée rare réservée aux idéalistes.

La Bourse ne peut dès lors espérer qu’une éclaircie pour 2012 après cet enchaînement d’événements négatifs. A moins que cela ne continue.

>> Désormais, «20 Minutes» garde un oeil sur la Bourse pour vous sur http://bourse.E24.com

Bertrand de Volontat (avec AFP)
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