Crise de la dette: Semaine sous haute tension pour la zone euro

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Publié le 19 décembre 2011.

ECONOMIE - Elle reste dans le viseur des agences de notation...

Nouvelle séquence périlleuse pour la zone euro. Elle va tenter d'avancer cette semaine vers une résolution de la crise de la dette en augmentant les ressources du Fonds monétaire international (FMI) et la liquidité à long terme offerte aux banques.

Les ministres des Finances des Vingt-Sept aborderont lors d'une téléconférence lundi après-midi les modalités du «pacte» budgétaire, la gouvernance du Mécanisme européen de stabilité (MES), ainsi que le renforcement des ressources du FMI suite au énième sommet de la dernière chance qui s’est tenu à Bruxelles les 9 et 10 décembre.

La zone euro était tombée d'accord sur le principe de prêts bilatéraux de 150 milliards d'euros à l'intention du FMI, pour lui permettre d'intervenir face à la crise de la dette. Les dix-Sept escomptaient aussi 50 milliards d'euros de prêts de la part d'autres pays au sein de l'Union européenne, voire en dehors.

La conférence téléphonique, attendue à 15h30, devrait également porter sur la prise de décision au sein du MES, fonds de soutien permanent de la zone euro doté de 500 milliards d'euros, qui doit être opérationnel en juillet 2012. Ce pare-feu permettrait de venir en aide aux pays qui ont des difficultés à emprunter sur les marchés comme l’Italie ou l’Espagne.

Des marchés financiers nerveux

«Habituellement, les marchés font peu attention aux entretiens téléphoniques entre les ministres de l’économie et des finances des pays européens. D’autant que ces réunions de travails ne donnent pas lieu à publication de communiqués officiels. Mais les attentes d’une solution à la crise actuelle sont trop importantes», estime Christian Parisot, économiste chez Aurel BGC. Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a perdu 6,3% et affiche un recul de 22% depuis le 1er janvier.

Les investisseurs seront également dans l’attente de la décision de l’agence Standard & Poor's (S&P) sur la dégradation des Etats Européens, dont la France. «Le timing est simple au regard des dernières déclarations des agences. S&P a prévenu au début du mois qu'elle pourrait abaisser la note de 15 pays de la zone euro suite au sommet européen», rappelle Christian Parisot.

La BCE reste inflexible

Aux yeux des trois agences (Fitch, Moody’s et S&P), ce sommet n’a pas apporté de solution à la crise. La défiance sur les marchés persiste et la Banque Centrale Européenne (BCE) n’a pas annoncé qu’elle jouerait le rôle de prêteur en dernier ressort. Les traités européens interdisent à l'institution de Francfort de financer directement les déficits des Etats-membres, même si un engagement clair de la BCE à racheter des montants illimités de dette de pays de la zone euro apaiserait immédiatement les marchés.

Vendredi, Fitch, a jugé qu'une solution globale à la crise était «techniquement et politiquement hors d'atteinte», abaissant à négative la perspective sur le «triple A» de la France et plaçant sous surveillance les notes de six autres pays de la zone.

M.B. avec Reuters
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