L'action EDF accuse jeudi l'une des plus fortes baisses des indices CAC 40 et SBF 120, l'électricien public souffrant encore de l'accord électoral entre socialistes et écologistes prévoyant notamment l'arrêt de 24 réacteurs nucléaires français d'ici 2025.
A 11h15, le titre EDF perdait 4,26% à 18,985 euros, après avoir déjà chuté de 4,36% la veille, ce qui en faisait la deuxième plus forte baisse du CAC 40 (-1,73%).
Baisse de recommandation
Plusieurs brokers ont abaissé leur recommandation et/ou leur objectif de cours sur la valeur à la suite de l'accord intervenu mardi entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts.(voir et )
«En dépit de la poursuite de l'amélioration des fondamentaux du groupe et de son recentrage sur ses marchés clés, nous abaissons notre recommandation à neutre (contre acheter, NDLR) compte tenu de l'impact du débat électoral français et des diverses propositions annoncées», commente Natixis dans une note.
Natixis évalue à 25% la décote politique sur le titre.
Si l'impact de la mesure proposée par le candidat du PS est difficilement chiffrable étant donné le nombre d'inconnues, souligne l'intermédiaire, une première approche amène Natixis à considérer que le résultat avant impôt 2025 pourrait être amputé de 4,5 milliards d'euros dans le pire des cas.
«Sur une base actualisée, cela représente 1,6 milliard d'euros en 2011, soit 0,86 euro par titre», précise Natixis.
Critiques
Plusieurs ministres ont vivement critiqué le volet de l'accord PS-EELV concernant le nucléaire, qui signifierait selon eux la mort d'une filière dont dépendent des milliers d'emplois.
Dans un entretien à Reuters, Jacques Repussard, directeur général de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, a estimé qu'aucun réacteur nucléaire français ne mériterait d'être fermé aujourd'hui, même si la France doit mieux protéger ses réacteurs.