NEW YORK - La Bourse de New York a fini en nette hausse jeudi, soulagée de voir le gouvernement grec prêt à abandonner son projet de référendum et la Banque centrale européenne agir face à la crise: le Dow Jones a gagné 1,76% et le Nasdaq 2,20%.
Selon les chiffres définitifs de clôture, le Dow Jones Industrial Average a progressé de 208,43 points à 12.044,47 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 57,99 points à 2.697,97 points.
L'indice élargi Standard & Poor's 500 s'est adjugé 1,88% (23,25 points), à 1.261,15 points.
Les 30 valeurs du Dow Jones ont fini dans le vert.
La situation en Grèce "semble se diriger rapidement vers une solution. Il semble que la Grèce se trouve face à une offre à prendre ou à laisser, et j'ai l'impression qu'elle va la prendre", a expliqué Hugh Johnson, de Hugh Johnson Advisors.
Après un début de séance agité, sur fond de folle journée de crise politique à Athènes, les indices new-yorkais ont décollé lorsque le Premier ministre grec Georges Papandréou s'est dit prêt à retirer son projet de référendum, assurant que la question de la participation du pays à la zone euro ne se posait pas.
La situation restait confuse jeudi soir, l'opposition réclamant la démission du chef du gouvernement, qui doit se soumettre vendredi à un vote de confiance du Parlement, et la tenue d'élections anticipées.
"On est face à des choses qu'on ne peut quantifier. C'est uniquement de la réactivité à des nouvelles politiques, c'est la pire des choses pour le marché", a commenté Gregori Volokhine, de Meeschaert Capital Markets.
"Ce qui était important, c'est la baisse des taux en Europe", a-t-il estimé.
La BCE a pris les marchés par surprise en annonçant qu'elle réduisait son principal taux directeur à 1,25% pour ouvrir le robinet du crédit dans la région. Les économistes s'attendaient à un statu quo de la part de l'institution de Francfort, qui avait procédé à deux hausses de taux cette année, en avril et juillet.
Aux Etats-Unis, les indicateurs ont été contrastés. L'indice ISM d'activité dans les services a déçu, en restant quasi stable à 52,9%. En revanche, les nouvelles inscriptions au chômage ont diminué plus que prévu la semaine dernière, à leur plus bas niveau en cinq semaines. Les commandes aux industries ont enregistré une augmentation surprise en septembre (+0,3%).
Sur le front des résultats de sociétés, le géant de l'alimentation Kraft Foods (+3,29% à 35,78 dollars) a relevé ses prévisions annuelles, fort d'un troisième trimestre meilleur que prévu.
Le groupe de cosmétiques Estée Lauder (+17,94% à 118,92 dollars), le producteur de charbon Alpha Natural Resources (+13,29% à 27,11 dollars) ou encore l'opérateur boursier NYSE Euronext (+6,07% à 27,08 dollars) ont publié des bénéfices trimestriels au delà des attentes.
Parmi les rares déceptions, le spécialiste des céréales Kellogg (-7,64% à 49,91 dollars) a abaissé ses prévisions. La chaîne de prêt à porter Abercrombie & Fitch, qui a constaté un ralentissement de ses ventes en Europe, a dégringolé de 19,93% à 59,26 dollars.
Le groupe de services financiers Jefferies a cédé 2,12% à 12,01 dollar, après un plongeon de 20%, le marché s'inquiétant de son exposition à la dette publique européenne, que la société a jugé au cours de la séance négligeable.
Le fabricant d'appareils photo Kodak (-6,67% à 1,12 dollar) a creusé ses pertes, ayant prévenu qu'il n'était pas sûr de pouvoir continuer à financer ses opérations sans vente de brevets ou émission de nouvelle dette.
Le marché obligataire a baissé. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a progressé à 2,066% contre 2,006% mercredi soir, et celui à 30 ans à 3,119% contre 3,038% la veille.