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Publié le 19 août 2011.

ECONOMIE - Le gérant de fonds et directeur général délégué d'YCAP Asset Management décrypte la crise boursière de ces derniers jours...

Difficile de comprendre les mouvements boursiers de ces derniers jours. En plein cœur de l’été, les cours ont dévissé par à-coups, chutant jusqu’à plus de 10% en quelques heures. Certaines tendances sont même tout à fait contradictoires. Ainsi, alors que la crise a été déclenchée par des craintes sur les dettes européennes et américaines, on voit aujourd’hui le taux des obligations baisser [c’est à dire le taux d’intérêt des prêts aux Etats]. Ce qui veut dire qu’en pleine crise de la dette, les investisseurs choisissent de vendre massivement leurs actions, à bas prix, et préfèrent investir dans des prêts aux Etats même à un taux d’intérêt plus faible qu’il y a quelques semaines. Jean-Noël Vieille, analyste financier et directeur général d'YCAP Asset Management, analyse pour 20Minutes les tendances de ces derniers jours.

La crise a commencé à cause de craintes sur  la dette des Etats. Pourtant, c’est le prix des actions qui a baissé et le taux des obligations s’est détendu. Comment expliquer ce paradoxe?

C’est tout à fait irrationnel, en effet. Le taux des obligations baisse, ce qui montre que les investisseurs ne croient pas à une faillite d’Etats. Personne n’ose parier là-dessus. Par contre, tout le monde a identifié un problème et tente de s’en prémunir. Les investisseurs ont choisi de vendre leurs actions, parce qu’elles sont très facilement échangeables, c’est un marché très liquide.  Et comme lors de toute crise, ils vendent à perte parce qu’ils ont peur et cherchent une sécurité maximale.

Le CAC 40 a perdu 1.000 point en un mois. Pourquoi les mouvements sont-ils plus brusques que par le passé?

Dans des périodes troubles où la visibilité est faible, la solution est de se réfugier sur des seuils techniques en dessous desquels on décide de vendre. Sauf que tout le monde résonne ainsi, si bien que les seuils sont franchis les uns après les autres, ce qui a une dimension auto-réalisatrice.

Mais la principale différence de la crise actuelle avec les précédentes est technologique. Aujourd’hui, on estime qu’au moins la moitié des mouvements sont robotisés, c’est-à-dire programmés à l’avance et au millième de seconde près, grâce au Trading à haute fréquence. Cela existait déjà en 2008 mais ces techniques ont pris beaucoup d’ampleur. Les traders choisissent moins aujourd’hui et placent de plus en plus leurs ordres dans des robots. Je pense que cette nouveauté technologique amplifie la dépendance aux seuils et donc les mouvements à la hausse comme à la baisse. Je fais ce métier depuis 20 ans et jamais je n’avais vu de mouvements aussi violents au cours d’une seule journée, cela n’a plus rien de rationnel.

Pour vous, la Bourse n’est plus un bon indicateur économique?

Les cours de Bourse n’ont plus rien à voir avec les fondamentaux économiques. Par exemple, aujourd’hui, les marchés craignent une récession à venir. Mais le cours du CAC 40 est déjà passé sous les 3.000 points, c’est-à-dire une valorisation digne d’une récession.  Je dirais même que les mouvements boursiers ne s’expliquent plus par des indicateurs économiques. Dans les semaines qui viennent, on peut très bien perdre 1.000 points ou gagner 1.000 points sans avoir d’éléments de compréhension nouveaux, la finance comportementale prend davantage le relais. Ceci devrait, je l'espère, n'être que passager mais il faudra scruter les nouveaux indicateurs sur la probabilité ou non d’une récession ou d’une faillite d’Etats.

Par contre, je note qu’il y a de nombreuses fusions-acquisitions en ce moment, à des prix élevés. Cela montre que les entreprises ont du cash, et qu’elles espèrent un niveau d’activité important dans les semaines qui viennent. Ce point me conforte dans mon jugement plus optimiste que celui du marché actuellement. Elles ne se lanceraient pas dans des rachats de sociétés aujourd’hui si elles n’avaient pas une certaine confiance dans l’avenir immédiat. Il faut se rappeler du dicton, «il faut vendre au son du violon et acheter au son du canon». Il me semble bien que l’on vient d’entendre le bruit du canon.

Propos recueillis par Thibaut Schepman
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