La France ne risque rien pour l’instant. Mais si la croissance tarde à revenir, sa situation sur les marchés financiers pourrait se dégrader, et les intérêts de sa dette publique augmenter. Voilà le récent constat de l’agence de notation boursière Moody’s, qui évalue la solidité des acteurs financiers, et leur capacité à rembourser leur dette.
Dans son bulletin trimestriel publié mardi dernier, la société américaine attribue toujours la note suprême à la France: le «AAA». Cette note assure au pays une partie de sa crédibilité financière, et lui permet d’emprunter à des taux d’intérêt très bas. Sur les marchés financiers, le pays reste une valeur sûre, à qui les investisseurs n’hésitent pas à prêter.
Croissance + rigueur, un pari difficile
Mais si ses difficultés budgétaires persistent, la France pourrait, à terme, voir sa note baisser. Et ses taux d’intérêt monter.
La France est «confrontée à des défis plus importants qu’il y a quelques mois», remarque l’agence. Il lui faut relancer une croissance toujours à la traîne, alors même qu’un plan de rigueur se met en place pour réduire le déficit public, trop important.
L’Espagne sous la menace
Un équilibre difficile à trouver, pour la France comme pour la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Etats-Unis, autres bons élèves de la dette, mais dont la marge de manœuvre se rétrécit.
A court terme, ces quatre pays ne risquent pas de voir baisser leur excellente note. Mais ils observeront avec attention la situation de l’Espagne, elle aussi cotée «AAA», mais dont la note pourrait baisser d’un ou deux crans d’ici fin septembre, en raison d’une économie trop fragile.