ECONOMIE – Dans le sillage de la quasi-faillite de Lehman Brothers, les marchés mondiaux ont tremblé ce lundi...
Ce n'est certes pas le krach de 1929, mais la finance mondiale a vécu un «lundi noir». Si les bourses ont évité le pire, la perte de confiance dans les banques de la planète atteint des sommets. «C'est aujourd’hui tout un pan de l’activité boursière qui s’effondre», analyse Christophe Blot, économiste à l’OFCE,
interviewé par 20minutes.fr.
Le séisme a été provoqué par l'officialisation lundi matin de
la quasi-faillite de Lehman Brothers, une vénérable institution vieille d'un siècle et demi. Après un week-end de négociations avec ses créanciers, la banque américaine n'a pas eu d'autre choix que la faillite. Une conséquence de
la crise des subprimes qui ébranle l'économie américaine depuis l'été dernier.
Pas d’argent frais pour Lehman
La nouvelle a été accompagnée de
l'annonce lundi du rachat de sa concurrente Merrill Lynch par Bank of America pour 50 milliards de dollars, contribuant à déstabiliser encore Wall Street. George W. Bush a assuré lundi que son administration s'efforçait de réduire l'impact de la crise. «A long terme, je suis confiant dans la souplesse et la résistance des marchés financiers et dans leur faculté à faire face à ces ajustements», a-t-il dit dans une déclaration devant la presse.
Le gouvernement américain, qui s'est engagé à
injecter jusqu'à 200 milliards de dollars la semaine dernière pour maintenir sur pied les organismes hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, a refusé cette fois d'apporter de l'argent frais pour sauver Lehman. Laissant l'entreprise rentrer dans une procédure de faillite.
Les banques françaises chutent
Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz a estimé que la crise financière actuelle devrait être moins grave que celle de 1929, car «nous disposons aujourd'hui des outils en matière de politique fiscale et monétaire pour éviter une autre grande dépression». La Bourse de New York, qui donne le ton à la planète boursière, s'est placée dans le rouge dès l'ouverture, pour finalement dégringoler de 4,42% à la clôture.
La Bourse de Paris, touchée par l'onde de choc, clôture elle à -3,78%, sa quatrième plus violente chute de l'année. Les banques, dont la crédibilité est mise en cause par la faillite de Lehman, sont logiquement les plus touchées: BNP Paribas a fini la séance en en baisse de 7,16%, Crédit Agricole de 9,19%, Dexia de 9,24% et Société Générale de 9,64%.
«Répercussions limitées»
Mais les autorités françaises se veulent rassurantes: les «répercussions» sur les banques françaises devraient être «limitées», assure la ministre de l'Economie Christine Lagarde. De son côté, Ariane Obolensky, directrice générale de la Fédération bancaire française, tente de rassurer le marché: «Les banques françaises sont solides et assurent le financement de l’économie dans des conditions normales».
La Banque centrale européenne a néanmoins dû injecter 30 milliards d'euros sur le marché monétaire de la zone euro, afin d'apaiser les tensions sur le marché. La Réserve fédérale américaine (Fed) a de son côté mené deux opérations de prise en pension au jour le jour, à l'issue desquelles elle a alloué un total de 70 milliards de dollars aux banques.
Jusqu'où?
«Il est difficile de savoir jusqu’où cette crise peut aller puisque même les établissements solides, comme Lehman Brothers, font faillite, estime Christine Rifflart, économiste spécialiste des Etats-Unis à l’OFCE,
interrogée par 20minutes.fr. Il y a un problème de transparence: les banques elles-mêmes redécouvrent les risques énormes qu’elles ont pris.»
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V.G.